Comme l’ARC, l’UFC Que Choisir défend le « binôme » : architecte-thermicien

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Actualités
19/06/2014

Comme l’ARC, l’UFC Que Choisir défend le « binôme » : architecte-thermicien

 
 
L’UFC Que Choisir a fait une étude sur les rénovations énergétiques des maisons individuelles. Les résultats sont catastrophiques et l’UFC conclut qu’il faut être accompagné de l’audit jusqu’à la fin des travaux par des experts aux compétences d’architecte et de thermicien.
 
C’est ce que nous prônons depuis deux ans déjà avec l’audit global partagé qui associe, outre le conseil syndical, un architecte ou un expert technicien du bâtiment, un thermicien et un ingénieur financier.
 
Voici l’article que le journal le MONITEUR a consacré à cette étude :
 

 « RGE = « Rien ne garantit l’efficacité » pour l’UFC – Que Choisir

Par Adrien Pouthier - LE MONITEUR.FR - Publié le 27/05/2014
 
Le président de l’association de consommateurs, Alain Bazot n’a pas eu de mots assez forts, mardi 27 mai, lors de la présentation d’une étude portant sur la rénovation énergétique des logements, pour dénoncer les résultats, qu’il juge désastreux, de la politique actuelle, allant même jusqu’à parler de « bérézina ». Un échec qu’il lie notamment à la piètre performance des professionnels.
 
Alors que le projet de loi sur la transition énergétique est en préparation et pourrait être examiné par le Parlement en septembre, l’UFC-Que Choisir a décidé de s’intéresser sur le terrain à la performance des professionnels dans le domaine du conseil en rénovation énergétique des logements. Et comme à son habitude, l’association de consommateurs frappe fort. Le bilan ? « Désastreux ».
 
L’UFC-Que Choisir est partie du constat que la politique actuelle de rénovation énergétique des logements est peu efficace compte tenu des sommes investies. Ainsi en 2011, 21 milliards d’euros ont été investis (14 milliards par les particuliers, 7 milliards de fonds publics) pour seulement 5 % (134.000) de logements rénovés de façon performante (source Ademe). Elle s’est donc mise à la recherche, sur le terrain, des raisons de « l’échec », selon les mots d’Alain Bazot, son président, de cette politique et a choisi de cibler dans un premier temps, les diagnostiqueurs.
 
 5 maisons, 29 professionnels
 
 Entre mars et avril 2014, UFC a donc testé la qualité des prestations de ces professionnels. Des prestations portant sur l’évaluation « thermique », l’offre de travaux et l’information sur les aides à la rénovation pour cinq maisons construites avant 1975 et dispersées dans toute la France. 34 professionnels ont été contactés, 29 se sont déplacés (5 partenaires EDF, 5 partenaires GDF Suez et 19 indépendants « RGE »).
 
Sur chaque champ d’évaluation le résultat est, au mieux, médiocre. Ainsi concernant l’évaluation du bâti, seuls 58 % des prestataires ont visité l’ensemble de la maison – « et parfois c’était une visite « trois petits tours et puis s’en vont » » a grincé Alain Bazot – et 3 % seulement des professionnels, et aucun pro RGE, ont rendu un diagnostic prenant en compte les 3 critères fondamentaux : enveloppe du bâti, ventilation, système de production de chaleur.
 
« Pas étonnant dès lors que ces diagnostics mènent à de piètres propositions de travaux », en conclut Alain Bazot. Un seul prestataire a ainsi proposé une approche globale. Tous les autres ont fait des recommandations partielles portant en grande majorité sur le chauffage et, en une occasion, « alors que visiblement le problème venait d’un manque d’isolation » a raillé Alain Bazot. « Surtout, les professionnels RGE se sont montrés « corpocentrés », en proposant uniquement des travaux en lien avec leur corps de métier. »
 
« Enfin sur le conseil financier, le consommateur a la garantie d’avoir un service vraiment minimum », a expliqué Alain Bazot. « C’est un conseil générique, non personnalisé et il est parfois difficile de s’y retrouver. EDF propose ainsi un document de 33 pages recensant pas moins de 27 formes différentes de crédit ! »
Au final, seuls huit prestataires sur les 29 ont rendu un rapport d’évaluation thermique assorti d’une proposition de travaux. Quinze autres (en majorité les professionnels RGE) ont remis un devis et six n’ont rien remis.
 
 Bilan « désolant »
 
 Le bilan est « désolant » pour l’UFC Que Choisir. Si, pour les partenaires d’EDF et de GDF Suez, le diagnostic préalable est plutôt bien réalisé, les propositions de travaux sont parcellaires et le conseil sur le financement personnalisé inexistant alors que la prestation est payante et chère (290 € pour EDF et 390 € pour GDF Suez). C’est encore pire pour les professionnels RGE (dont la prestation est gratuite) : pas d’évaluation globale, une logique « corpo-centrée » qui biaise les propositions de travaux et un conseil sur le financement personnalisé inexistant. Surtout, relève l’association, aucune des préconisations de ces professionnels ne sont, à l’heure actuelle, opposables. C’est-à-dire que si les économies promises ne sont effectivement pas réalisées, le consommateur ne peut pas se retourner vers la personne qui lui a préconisé les travaux.
 
Comment dès lors expliquer une telle inadéquation entre les besoins du consommateur et l’offre des professionnels ? L’association met tout d’abord en cause une filière, souvent des TPE très spécialisées, inadaptée pour la rénovation globale. Elle accuse ensuite « une formation RGE caricaturale et trop théorique assortie d’un contrôle hypothétique tous les quatre ans qui n’a rien de pédagogique ». « Pour nous RGE, signifie pour l’instant « rien ne garantit l’efficacité », a attaqué Alain Bazot. Elle dénonce enfin la complexité des dispositifs d’aide publique, qui changent trop souvent.
 

Pour un « architecte-énergéticien »

 UFC propose donc de renforcer la formation et le contrôle pour l’attribution de la mention RGE (pour mémoire, la formation FEEBat propose 5 modules de formation aux travaux d’économies d’énergie de deux jours en moyenne dont le 4e, « Porter l’offre globale de rénovation énergétique » nécessite d’avoir suivi deux modules auparavant soit une formation de six jours), et appelle à développer une filière d’experts indépendants, capables de coordonner les travaux de performance énergétique. « Une sorte « d’architecte-énergéticien », un chef d’orchestre,  qui suivrait l’ensemble des travaux et pourrait se rendre garant et être responsable des allégations faites concernant les économies d’énergies » (voir Focus)
Enfin, elle pousse le ministère de l’Ecologie à calibrer les aides publiques de manière à inciter les consommateurs à choisir la meilleure performance possible et propose : une progressivité des aides en fonction des économies réalisées, et un cumul de l’éco-PTZ et du CIDD pour les rénovations les plus ambitieuses.
Le temps presse : l’éco-conditionnalité des aides publiques qui doit s’appuyer sur la mention Reconnu Garant de l’Environnement doit entrer en vigueur le 1er juillet prochain. On attend maintenant la réaction des professionnels.
 A consulter :
 
Focus

"L'architecte-énergéticien" dont rêve l'UFC -Que Choisir

L’UFC-Que Choisir propose de créer un cadre réglementaire permettant l’émergence d’experts, indépendants tant des professionnels que des fournisseurs d’énergie, qui tiendraient lieu de véritables « architectes-énergéticiens ». L’indépendance de ces experts serait garantie par leur financement direct par le consommateur, estime l’UFC. L’UFC propose d’utiliser les certificats d’économie d’énergie (CEE) pour financer une partie du coût de cette évaluation lors de la phase d’audit.
 
Cet expert qui serait certifié par un organisme indépendant et/ou par l’administration aurait un rôle de suivi sur toute la durée du projet de rénovation énergétique :
- En amont, il réaliserait l’analyse préalable et complète de la maison, établirait l’audit des lieux et les propositions de travaux, et chiffrerait l’objectif précis de réduction de consommation d’énergie permis par ces travaux et les gains économiques qui en découleraient.
 
-Durant les travaux, il jouerait le rôle d’interlocuteur unique, entre le consommateur et les professionnels des divers corps de métier en charge des travaux. Un véritable rôle de maitre d’oeuvre et de coordonnateur des professionnels, pour le compte du consommateur.
 
- A l’aboutissement des travaux, il effectuerait un audit de sortie des travaux, et vérifierait l’atteinte – ou non – des objectifs définis en amont. Chaque évaluation du bâti pré-travaux et post-travaux serait ensuite envoyée à l’ADEME. En cas de non-respect des engagements, sa responsabilité pourrait être engagée auprès du consommateur, comme de la banque si un prêt a été concédé pour les travaux. Il pourrait éventuellement mener des actions récursoires contre les professionnels si les travaux n’ont pas été effectués dans les règles de l’art.
 
L’envoi de ces évaluations pré- et post-travaux pourrait permettre aux pouvoirs publics d’avoir une image fiable du parc de logements et de son évolution, estime l’UFC. Ces informations pourraient aussi avoir un intérêt pour l’administration dans le cadre de l’évaluation des politiques publiques afin d’apprécier et de mieux calibrer les différents dispositifs d’aides et subventions ou de mieux déceler les dysfonctionnements sur le terrain ».