Est-il judicieux d’acheter des copies de badges d’accès aux immeubles ?

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Conseils de l'ARC
21/03/2017

Est-il judicieux d’acheter des copies de badges d’accès aux immeubles ?

 
Plusieurs copropriétés nous ont signalé une vaste campagne publicitaire lancée dans des lieux publics tels que les centres commerciaux, ou bien à Paris, dans les rames de métro.
 
Cette offre commerciale d’une société que nous ne citerons pas pour éviter de lui faire de la publicité, vante la reproduction rapide de badges d’accès aux immeubles.
 
Quels sont les risques créés par cette offre ?
 
1er  problème : surpayer les copies de badges
 
Beaucoup de copropriétaires sont tentés de faire des copies de badges dans un souci d’économie parce que les tarifs pratiqués par certains syndics et/ou installateurs sont trop élevés.
 
Il est important d’avoir comme repère que le prix de revient d’un badge est d’environ 10 €.
 
Ce que l’on constate, c’est que les entreprises qui proposent ce service de reproduction de badges les font payer entre 25 et 50 € ce qui correspond à un rapport de 2,5 à 5 avec le prix de revient.
 
Ce n’est donc pas un gain par rapport au prix facturé par le fournisseur d’accès classique, via votre syndic, qui se situe en général en dessous de 20 euros.
 
2ème problème : dégrader le contrôle sécuritaire des accès aux copropriétés
 
Ce phénomène de reproduction non maîtrisée par les syndics ou les conseils syndicaux pose un véritable problème pour la sécurité des accès aux copropriétés en raison de la prolifération de copies de badges.
 
Les badges copiés sont codifiés à l’identique des originaux. En cas de perte ou de non restitution, ils ne peuvent donc être détruits dans la mémoire du système de contrôle d’accès que lors de la suppression du badge original.
 
Des badges non identifiés, toujours actifs, permettent ainsi une continuité d’accès à des personnes qui ne sont plus résidentes.
 
L’objectif initial de sécurisation et de maîtrise des accès est donc mis en échec par ces copies.
 
Que faire pour aider le conseil syndical à garder la main sur ce dispositif ?
 
- vous assurer que les tarifs pratiqués par votre syndic pour la fourniture d’un badge supplémentaire sont compétitifs et nettement inférieurs aux copies.
-  communiquer au sein de votre copropriété sur les risques que cette pratique peut générer sur le plan de la maîtrise du contrôle d’accès et de la sécurité : l’absence de numérotation entraîne une perte totale de contrôle puisqu’il est impossible de savoir qui détient quoi.
- faire signer par tout copropriétaire lors de la remise d’un badge l’engagement qu’il ne procédera pas à sa reproduction par copie, après avoir fait valider cette disposition par un vote en assemblée générale.
- prévoir un stock de badges chez le gardien ou à défaut chez le président du conseil syndical afin de satisfaire rapidement toute demande de badge supplémentaire et surtout éviter toute surenchère de la part du syndic.
- Le suivi comptable de cette gestion des badges se fera par le biais du compte 47.
 
Pour l’instant, les installateurs ou les gestionnaires d’immeubles ne détectent qu’il s’agit d’une copie que lorsque les utilisateurs de ces badges veulent les faire réparer (s’ils ne fonctionnent plus) ou les faire remplacer (s’ils les ont perdus).
 
Dans le cadre de l’évolution des applicatifs des systèmes de contrôle d’accès, les fabricants travaillent à une riposte pour protéger leur système et la sécurité qu’ils offrent :
  • Par des développements techniques qui pouront détecter s’il s’agit ou non d’une copie et bloquer dans la base l’accès à ces badges copiés mais aussi à l'original sur décision de la copropriété.
 
  • Avec l’éventuel engagement d’une procédure juridique à l’encontre des sociétés commercialisant ces copies sur la base des articles suivants du code pénal : L.314-1 (abus de confiance), L.323-1, et L.323-3 et en particulier l’alinéa 323-3.1 qui stipule :
Article 323-3-1
Le fait, sans motif légitime, notamment de recherche ou de sécurité informatique, d'importer, de détenir, d'offrir, de céder ou de mettre à disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée conçus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs des infractions prévues par les articles 323-1 à 323-3 est puni des peines prévues respectivement pour l'infraction elle-même ou pour l'infraction la plus sévèrement réprimée.
 
Pour en savoir plus sur VIGIK :
 
            - Consulter le Guide de la Gestion Technique et des Services en Copropriété version 2017.
- Consulter l’article de la revue trimestrielle n°114 en page 38 « Comment maîtriser la distribution d’imprimés publicitaires au sein de votre copropriété grâce au système VIGIK »Voir : www.arc-copro.com/8tqr.