Lettre ouverte aux braves et aux moins braves syndics ou : pourquoi il ne faut pas jouer au loup

Version imprimableEnvoyer par email
Mardi, 22 Avril, 2014
ASSOCIATION des RESPONSABLES de COPROPRIETE
 
Lettre ouverte aux braves et aux moins braves syndics ou : pourquoi il ne faut pas jouer au loup
 
Chers syndics,
 
La semaine dernière a été mouvementée, comme vous le savez : suite à une alerte lancée par l’ARC et concernant des augmentations à l’évidence « concertées » des honoraires de syndic, un front associatif et médiatique s’est constitué et a permis de stopper l’offensive.
 
Que dit l’ARC (analyse reprise par tous) ? Ceci :
 
  1. Les syndics ont profité de la sortie de la loi ALUR et des assemblées générales 2014 pour tenter de mettre les copropriétaires devant le fait accompli : « Nos honoraires DOIVENT augmenter de 20 % en raison du surtravail imposé par la loi ALUR et l’arrivée des comptes bancaires séparés ».
 
  1. Or, en pratiquant ainsi les syndics abusent triplement de la situation :
 
  1. le vrai surtravail lié à la loi ALUR aura lieu (au mieux) dans un, deux ou même trois ans !
  2. de son côté, le compte bancaire séparé (copropriété de plus de 15 lots) ne se mettra en place que très progressivement ;
  3. si les syndics augmentent les honoraires de base sans baisser les honoraires supplémentaires (dont le coût abusif et souvent illégal devra être maîtrisé par un décret spécial) ils trompent les copropriétaires, puisque la loi ALUR a prévu une régulation des honoraires supplémentaires.
 
  1. En gros, chers syndics, vous prenez à la fois les copropriétaires pour des billes (ça, on savait), mais en plus vous les prenez en otage de la loi ALUR, ceci dans un seul sens.
 
Tout le monde - grâce à l’ARC et à des médias très mobilisés (une centaine de journaux, des sites à la pelle, huit radios et six télévisions) - l’a compris.
 
Une fois de plus de « braves » syndics ont été entraînés dans une aventure hasardeuse d’où ils ressortent avec -  attachée à la réputation de la profession déjà peu brillante - une casserole supplémentaire.
 
On leur avait pourtant dit à vos « patrons », les BUET (FNAIM), GINOT (UNIS), DAVY (PLURIENCE) : « Il faut discuter, mettre tout sur la table, arrêter de jouer au chat et à la souris ».
Mais voilà, ces messieurs sont impatients : ils ne pouvaient pas attendre, pas négocier avec des VRAIS représentants de VRAIS copropriétaires. Il fallait qu’ils passent à la hussarde sabre au clair, en regardant de haut ces pauvres copropriétaires.
 
Ce que nous disons aux « braves » syndics (il y en a par centaines ; ils nous connaissent, nous les connaissons) c’est ceci :
 
  • Nous savons que leur vie n’est pas toujours facile ni la rentabilité de leurs entreprises excessive.
  • Nous savons aussi que si les syndics (à 80 %) n’avaient pas joué (depuis des années) à baisser leur tarif de base pour mieux se concurrencer et ainsi mieux « attraper » les copropriétaires, nous n’en serions pas là.
  • Nous savons, par ailleurs, que si les syndics - au lieu de compter sur les intérêts générés par la trésorerie des copropriétés - avaient affiché (comme les syndics autrichiens, comme les syndics allemands) des prix normaux et des frais normaux - nous n’en serions pas là.
  • Nous savons enfin qu’ensemble - en discutant, en négociant, en respectant les copropriétaires et leurs représentants - nous pouvons revenir à la « normale », c’est-à-dire :
 
  • des honoraires normaux (dans tous les sens) pour un travail effectif ;
  • des gestionnaires normaux et normalement présents dans les copropriétés ;
  • des copropriétés normalement gérées et non pas vendues - avec les meubles - à des fonds de pension, etc. etc.
 
Monsieur BUET, monsieur GINOT, monsieur DAVY, nous le redisons : discutez avec les vrais représentants des copropriétaires animés d’une passion pour la bonne gestion ; facturez normalement toutes vos heures, mais ne facturez pas 5 fois le prix des photocopies ; arrêtez de financiariser la gestion des copropriétés et nous pourrons alors non seulement discuter, mais trouver des solutions qui permettront aux « braves » syndics de continuer à vivre correctement, même si - on vous l’accorde - le métier n’est pas toujours simple (au fait, savez-vous que nous avons comme adhérents plus de 3.000 syndics bénévoles ou coopératifs et que la gestion des copropriétés, nous savons un tout petit peu mieux que vos actionnaires ce dont il s’agit).
 
Allez, chers syndics, quittons-nous bons amis et rappelez-vous il ne faut jamais crier au loup, car quand le (vrai) loup survient, on se sent tout simplement… un peu « couillon ».
 
Pour l’ARC, Bruno DHONT
Directeur général.