ABUS DE LA SEMAINE N° 4289 : « MeilleureCopro » commence mal son entrée dans la copropriété

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Abus
07/11/2017

ABUS DE LA SEMAINE N° 4289 : « MeilleureCopro » commence mal son entrée dans la copropriété

 
Voici un nouveau venu dans le milieu de la copropriété qui pense avoir trouvé une niche inexploitée.
 
Il s’agit de la startup « MeilleureCopro » qui propose aux copropriétés une prestation pour réduire leurs charges courantes.
 
Un concept qui, en réalité, est aussi vieux que le monde, sachant que depuis longtemps les syndics laissent les charges augmenter et ne réalisent ni mise en concurrence des prestataires, ni renégociation des tarifs.
 
Le slogan de cette startup n’a rien de nouveau: une promesse de réduction des charges qui peut aller jusqu’à 50%.
 
Il s’agit de promesses, qui n’engagent que ceux qui les écoutent… sans le moindre engagement contractuel.
 
Là où cela devient pathétique, c’est quand cette structure se met à faire des courbettes aux syndics professionnels, se sentant tenue d’avoir leur bénédiction pour présenter ses services aux copropriétés, et s’obligeant alors à dénigrer l’ARC.
 
Voyons donc cela plus en détail à travers un forum où cette société s’est sentie contrainte de réagir aux commentaires d’un syndic professionnel et d’un copropriétaire en tentant de ménager la chèvre et le chou.
  1. Une structure qui travaille sur tous les postes de charges, sauf celui des honoraires de syndic

Incroyable, mais vrai.
 
A la suite de la réaction d’un syndic qui indiquait que les statistiques de « MeilleureCopro » ne pouvaient pas remplacer un syndic, voici la réponse d’Edouard- Jean Clouet qui doit être le cofondateur de « MeilleureCopro »:
 
« Nous partageons votre analyse sur le fait que les statistiques ne remplacent pas la connaissance du marché local. [...] D’autre part, nous ne touchons pas aux honoraires de syndic et tentons, bien au contraire, de les justifier en valorisant auprès de vos clients l’action que vous conduisez. A votre disposition pour en parler de vive voix
 
Et oui, bien qu’en l’espace de neuf ans les honoraires des syndics aient augmentés de presque 50%, cette société qui est censée conduire à une réduction des charges affirme ne pas travailler sur ce poste. Pire, elle est même prête à les défendre auprès des copropriétaires.
 
Applaudissons donc des deux mains !!
  1. Un observatoire des charges déclaratif

A la suite d’une intervention d’un copropriétaire indiquant que l’ARC mettait déjà à la disposition des conseillers syndicaux un observatoire des charges, sous entendant une absence de plus-value du service de « MeilleureCopro », voici la réponse apportée encore une fois par le même monsieur Edouard-Jean Clouet :
 
«  si mandaté par un CS, nous facturons au Syndicat des copropriétaires pendant 2 ans 50% des économies mises en place. Si mandaté par un syndic, nous facturons le prestataire retenu via une commission de courtage transparente. Les indicateurs de l’ARC ou du Particulier vous donnent un prix/m2 MOYEN pour chaque poste de coût: vous avez donc une idée des charges qu’un appartement moyen devrait payer. Sur MeilleureCopro.com, vous rentrez les données de VOTRE appartement et bénéficiez, en 2 minutes, d’une évaluation personnalisée; d’autre part, les données de l’ARC et du Particulier sont déclaratives, ce qui n’est pas notre cas [...] »
 
Le seul problème, c’est que cette affirmation est ….fausse.
 
Notre observatoire des charges n’est pas déclaratif mais bien élaboré à partir des annexes comptables établies par les syndics et qui nous sont remises par nos adhérents.
 
Encore plus grave, si cette startup ne se base pas sur les chiffres de notre observatoire mais - comme indiqué sur l’article - sur ceux de l’association de l’UNPI, le problème est que depuis plusieurs années elle ne diffuse plus de résultats.
 
Et pour cause, il s’agissait pour le coup de données qui étaient déclaratives et qui ne coïncidaient pas avec les nôtres, impliquant justement qu’elle ait cessé de présenter des chiffres.
 
A vouloir se mettre dans la poche les syndics, on en arrive à perdre toute crédibilité. Dommage qu’avant de s’exprimer cette startup n’ait pas pris le temps de lire attentivement ce que nous publions sur notre site.