Il faut le reconnaitre, le dialogue entre l’ARC Nationale et les chambres professionnelles a du mal à passer.
Alors que nous dénonçons quasi quotidiennement les abus commis par les syndics, elles affirment qu’il n’y a pas de problèmes au sein de la profession et que les copropriétaires et conseillers syndicaux sont ravis de la gestion de leur copropriété.
Au même titre, lorsque l’on dénonce les mauvaises conditions de travail des gestionnaires, que ce soit en matière de formation, de charge de travail, d’assemblées générales en soirée en apportant des solutions, on a également des représentants d’associations de défense des gestionnaires qui nous affirment que tout va bien, invitant l’ARC Nationale à s’occuper de ses oignons.
Ainsi, à priori, les gestionnaires ne seraient pas dépassés par la multiplicité des tâches que les directeurs leur demandent, conciliant vie professionnelle et vie privée.
A vrai dire, lorsque l’on regarde le dynamisme du président de l’ANGC, on ne peut que constater le temps libre dont disposent les gestionnaires de copropriété, ne comprenant pas pourquoi ils affirment être dépassés par les missions à accomplir.
Essayons d’aller plus loin.
I – Le président de l’ANGC : un homme exemplaire !
Il faut le reconnaitre, le président de l’ANGC fait un travail spectaculaire.
Pour mémoire, il s’agit de l’Association Nationale des Gestionnaires de Copropriété.
Ce président d’association qui défend sur la place publique la profession de gestionnaire de copropriété, arrive à concilier plusieurs vies parallèles.
Et pour cause, il est avant tout syndic, devant gérer au minimum une quarantaine de copropriétés et à ce titre, suivre les fournisseurs, procéder aux mises en concurrence des prestataires, assurer les suivis de chantier, élaborer les ordres du jour et tenir les assemblées générales… bref des journées chargées pour le commun des mortels mais pas pour le président de l’ANGC.
En effet, il est aussi rédacteur d’articles dans de nombreuses revues, animateur radio et de télévision, formateur auprès d’établissements, coach voire même parfois comique, et il lui reste encore du temps pour participer à des colloques et être auditionné pour répondre à des commissions parlementaires.
Et ce n’est pas tout ! Ce président d’association, après sa journée de gestionnaire, d’animateur, de professeur, de coach et de rédacteur, organise même en soirée des apéros, et ce dans toute la France !
Un exemple à suivre pour tous les gestionnaires qui n’arrivent pas à assurer leur seule fonction de gestionnaire.
A vrai dire, même l’ARC Nationale et son directeur devraient prendre exemple. Et pour cause, à part conseiller nos adhérents, rédiger des articles et de se rendre aux commissions, nous n’avons pas le temps d’avoir autant d’activités que le président de l’ANGC.
II – Soyons sérieux
Parfois, on préfère être défendu par le Procureur que par son propre avocat.
Et pour cause, qui peut croire sérieusement que l’on peut cumuler autant d’activités et se prétendre toujours gestionnaire de copropriété ?
Après tout, il ne revient pas à l’ARC Nationale d’apprécier ses vies, mais tout professionnel de l’immobilier ricane lorsqu’il constate le quotidien de ce dit gestionnaire qui a même le toupet de leur expliquer comment on gère les conflits avec le conseil syndical.
Alors, sont clairs, même si le gestionnaire s’appelait Shiva, ou même Superman, il lui est impossible d’assurer l’ensemble de ces missions et cela pour une seule raison : les gestionnaires sont concentrés sur l’administration de leur copropriété et surtout des priorités qu’ils doivent assurer, ne pouvant pas s’échapper, ne serait-ce que pour rédiger un post sur un réseau social.
Le plus rassurant pour l’ARC Nationale est que nous recevons des témoignages des gestionnaires qui nous remercient de mettre en évidence leurs conditions pénibles de travail, qui ne sont évidemment pas dues à notre association, mais au fait qu’ils sont à la fois gestionnaire, commercial, secrétaire, comptable… et en plus doivent remplacer des collaborateurs qui n’arrivent jamais.
D’ailleurs, nous sommes ravis des nouvelles adhésions de syndics professionnels au sein de notre association et même d’un rapprochement avec une association de gestionnaires de copropriété qui n’est, bien sûr, pas l’ANGC.
Bref, après tout, on a le défenseur que l’on mérite…