Les pouvoirs publics ne comprennent pas pourquoi les copropriétés sont autant en difficulté ou encore pourquoi la mécanique de la rénovation énergétique ne s’enclenche alors qu’elle fonctionne dans les immeubles sociaux.
Pourtant, ils considèrent avoir entamé un dialogue constructif avec les syndics professionnels qui sont considérés comme étant les principaux dynamiseurs de la rénovation énergétique des copropriétés.
D’ailleurs, les chambres professionnelles sont ravies de se prendre en photo lorsqu’ils signent des chartes avec les représentants des Ministères pour s’engager à réaliser X milliers de projets de rénovation.
Et pourtant, comme on dit, c’est le flop, les rénovations énergétiques des copropriétés ne sont pas au rendez-vous.
Le problème, selon les professionnels, est la copropriété.
Alors, essayons de recadrer les débats.
I – Un syndic non crédible
Les Ministres et les politiques le savent bien, les syndics professionnels n’ont plus aucune légitimité dans les copropriétés.
Pire, toute suggestion qu’ils émettent paraît suspecte aux yeux des copropriétaires, pensant qu’ils défendent avant tout leurs intérêts, ne serait-ce que pour récupérer des honoraires de suivi de travaux, ou pire, des commissions versées par les sociétés qui interviennent et qu’ils appellent de manière polie de la « dématérialisation ».
Néanmoins, les pouvoirs publics ne savent plus à quel autre saint se vouer, et pourtant, la réponse est simple : les copropriétaires !
Sans mobilisation des copropriétaires et des conseillers syndicaux, il n’y aura pas de rénovation énergétique des copropriétés.
Un constat partagé mais qui coince car les professionnels ne veulent surtout pas que l’ARC Nationale qui est la seule association représentative des syndicats copropriétaires prenne le lead mettant en second plan les syndics professionnels pour enfin réussir cette révolution des rénovations énergétiques.
Et voilà pourquoi tout est en statut quo alors que les urgences s’accélèrent.
II – Les conseillers syndicaux : les vrais leaders de la copropriété
L’expérience le démontre : les dossiers avancent quand les conseillers syndicaux prennent les dossiers en main. Cela concerne tous les sujets : contrôle des comptes, réfection des cages d’escalier, travaux, choix des entreprises…
Ainsi, si les pouvoirs publics veulent une dynamique dans la rénovation énergétique des copropriétés, ils devront changer de stratégie en passant le relais au conseil syndical après avoir procédé à un audit sur le fonctionnement des copropriétés.
Cette étude permettra d’identifier les nombreux blocages que l’on constate quotidiennement, tels que les conflits d’intérêt des syndics qui polluent les relations de confiance entre copropriétaires, conseillers syndicaux et syndics.
Nous sommes prêts à discuter avec les pouvoirs publics pour faire avancer la cause.