Philippe MAURICE en prison (enfin !)
Mais les doutes et les plaintes de certains de ses clients sont remontés jusqu’à l’ordre des avocats. Et la sanction est tombée : « Il a fait l’objet d’une suspension administrative », précise le bâtonnier melunais, Jérôme Bourricard, tout en indiquant « qu’aujourd’hui, sur le plan pénal, l’affaire est à l’instruction. »
Le comble dans cette affaire, c’est qu’il a continué d’exercer en tant qu’avocat alors qu’il était suspendu depuis au moins un an. Avec un aplomb et un culot monstre, il a revêtu la robe et exercé le métier dans les différentes juridictions en France, notamment à Lyon et en région parisienne. Un juge qui le savait suspendu l’a même vu, à sa grande surprise, venir à l’issue d’une interpellation assister l’un de ses clients. Il a été débarqué sur le champ.
Le soi-disant avocat est écroué à Fleury-Mérogis. Toutes ses victimes, nombreuses et réparties dans tout l’Hexagone, ne sont pas encore recensées. Philippe Maurice pourra se vanter d’avoir donné du fil à retordre aux enquêteurs. Pour arriver à coincer le personnage, il aura fallu plus d’un an et demi d’investigations aux enquêteurs de la police judiciaire et du groupement d’intervention régional (GIR) mettant en œuvre des moyens policiers, militaires, douaniers, fiscaux, administratifs.
Déjà condamné pour des faits similaires
C’est effectivement en septembre 2011 que l’enquête démarre. En accumulant les preuves, les enquêteurs réussissent à découvrir un système d’escroquerie sophistiqué impliquant de la fraude fiscale, des faux en écriture, publics et privés, et usage de faux. Le 21 mai, il est finalement interpellé avec trois complices qui appartiennent à son milieu familial. L’un d’entre eux lui servait pour rabattre les victimes. À la suite de son placement en garde à vue, le procureur de Melun, Bruno Dalles, a ouvert une information judiciaire le 24 mai.
Dès lors les choses s’accélèrent et Philippe Maurice est mis en examen pour escroquerie, mais également pour exercice illégal de la profession d’avocat. Il est écroué de même que sa principale complice. Un autre homme est également impliqué dans l’affaire. Il est actuellement placé sous contrôle judiciaire.
En fouillant dans le passé de Philippe Maurice, les enquêteurs s’aperçoivent qu’il a déjà été mis en cause dans des procédures en région lyonnaise et en banlieue parisienne, en 2010 et 2011 pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Il a même été condamné à des peines de deux ans de prison, dont un an avec sursis pour une affaire et pour la seconde à neuf mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve.
En disséquant son système de fraude très élaboré, les enquêteurs se sont aperçus qu’il concernait principalement des opérations immobilières entraînant un blanchiment d’argent vers la Belgique, l’Allemagne, mais aussi Singapour grâce à des sociétés-écrans. À cela s’ajoutait aussi un système de vente de diamants à Anvers. Dans quelles conditions? Philippe Maurice ne s’est pas encore expliqué. L’instruction de l’affaire devrait pouvoir apporter des réponses et peut-être même révéler des surprises, car rien ne semblait pouvoir l’arrêter.
« Il s’est installé dans l’appartement que je vendais, mais il ne m’a jamais payé »
La propriétaire du logement où Philippe Maurice a installé son cabinet
Roissy-en-Brie, vendredi. C’est ici, sur la place Pathé, que Philippe Maurice exerçait. La propriétaire, qui n’a toujours pas reçu le fruit de la vente des lieux, demande son expulsion. Elle a déposé plainte. | (LP/G.L.G.)
Sa mère distribuait des cartes en vantant ses qualités
Au moment de l’installation de Philippe Maurice à Roissy-en-Brie, sa mère distribuait sur le marché des cartes de visite au nom de son fils vantant ses qualités en matière de droit des sociétés (constitution, cession, etc.)
