En cette période trouble où les enjeux voire les difficultés des copropriétés se cumulent, les syndics professionnels essayent de sortir leur épingle du jeu en se présentant comme les indispensables de la situation.
Or, la copropriété doit avant tout se réfléchir avec les copropriétaires et leur conseillers syndicaux qui sont représentés par des associations et en premier lieu, l’ARC (Le Tribunal administratif de Paris confirme l’ARC comme étant la seule institution représentative des syndicats des copropriétaires suite à l’action judiciaire engagée par la FNAIM).
Essayons de comprendre ce qui se dessine et pourquoi il faut garder les yeux grands ouverts.
I – Un rapprochement des chambres professionnelles
Dernièrement, on a pu assister à un rapprochement des deux plus importantes chambres professionnelles qui sont la FNAIM et l’UNIS.
Leur objectif est de disposer d’une caisse de résonnance plus importante vis-à-vis des médias mais surtout des pouvoirs publics.
Le risque avéré est que le destin des copropriétés soit décidé par des professionnels de l’immobilier et non pas par les représentants des copropriétaires et conseils syndicaux qui, en définitive, assument seuls les décisions et surtout les dépenses qui en découlent.
Ainsi, en se présentant comme les représentants des syndicats de copropriétaires, il est probable que les professionnels vont vouloir demander aux pouvoirs publics une évolution du contrat-type pour obtenir des possibilités plus larges de facturation à partir d’arguments fallacieux.
Actuellement, leur principal dada est d’obtenir la possibilité de facturer des opérations d’études préalables à la réalisation des travaux, ou encore la mise en place d’une commission de contrôle qui sera administrée par des professionnels de l’immobilier pour sanctionner les professionnels de l’immobilier sans qu’une association comme l’ARC ne puisse y siéger.
Leur volonté vis-à-vis des pouvoirs publics est de faire en sorte qu’une association comme l’ARC n’ait plus aucune légitimité, étant préférable de discuter avec elles qui représentent un poids économique important.
II – Un mauvais calcul
Le Gouvernement ferait une erreur monumentale s’il considérerait que le seul interlocuteur est le syndic professionnel.
Et pour cause, si sans aucun doute il faut des syndics professionnels pour gérer les copropriétés, il ne faut pas oublier qu’ils ne sont que les mandataires et non les gérants qui en définitive décident des dépenses.
D’ailleurs, à chaque fois où les syndics professionnels ont voulu prendre le leadership sans mettre la copropriété au milieu du village, les dossiers n’ont pas avancé.
Combien de chartes l’UNIS et la FNAIM ont signées avec le Gouvernement pour engager des chantiers de rénovation. Le constat est que la situation est toujours au point mort.
Idem, combien de publicités ont été financées par les pouvoirs publics pour mettre en évidence les syndics comme étant les fers de lance de la rénovation énergétique des copropriétés. Pourtant, l’essai n’a jamais été transformé.
Bref, si le Gouvernement veut enfin faire avance les dossiers, il est important que les copropriétaires et surtout les conseils syndicaux soient au cœur des discussions et stratégies.
Ce préalable est encore plus parlant en cette période de crise où l’on doit concilier l’inflation des prix avec la nécessité de réaliser des travaux de rénovation y compris énergétique, tout en ne faisant pas basculer la copropriété en difficulté.
C’est à ce titre que nous allons saisir le cabinet du Premier Ministre pour lui faire part de nos inquiétudes sur l’usurpation d’identité des chambres professionnelles.