Que l’on soit syndic professionnel ou prestataire d’assistanat des syndics non professionnel, l’objectif est le même à savoir garder le plus longtemps possible sa clientèle.
Pour cela, il y a plusieurs solutions plus ou moins éthiques.
Nous avons l’option la plus noble qui est de garantir un service de qualité permettant d’obtenir la satisfaction du syndicat des copropriétaires, qui du coup renouvelle sans difficulté le mandat du syndic ou du prestataire qui propose des assistances au syndic non professionnel.
En parallèle il y a des moyens plus rusés et par conséquent moins honnêtes.
Il s’agit de cadenasser le syndicat des copropriétaires avec diverses solutions développées par les cabinets de syndic ou les start-ups.
Voyons un des moyens pour lesquels il faut particulièrement être vigilant, afin d’éviter que certains conseils syndicaux ou syndicats coopératifs ne tombent dans le panneau.
I. Un verrouillage par les échanges du conseil syndical
Beaucoup de cabinets de syndic ou de start-up d’assistanat au syndic non professionnel proposent des services d’extranet qui permettent au conseil syndical et au syndic d’échanger entre eux.
Le dispositif est présenté comme étant un moyen de centraliser les échanges sur une plateforme développée spécifiquement à cet effet.
Derrière cette intention de bonne volonté se cache une stratégie redoutable à double détente.
En effet, à partir du moment où le conseil syndical échange sur cette plateforme, le syndic ou la start-up qui reste l’administrateur de cet outil est en mesure d’avoir accès aux informations et stratégies convenues entre les membres du conseil syndical.
Ainsi, le syndic peut éventuellement savoir que le conseil syndical souhaite mettre en concurrence le syndic ou la start-up ou encore réaliser un audit des comptes suite à des écritures qu’il considère comme suspectes.
Plus déstabilisant, à partir du moment où l’ensemble des documents et échanges sont déposés dans cet extranet, le conseil syndical se retrouve contraint de renouveler le contrat avec le cabinet ou la start-up à défaut de perdre toutes les données.
En cas de non reconduction du contrat de mandat ou de la start-up, la société coupera les accès à son outil ne permettant plus au conseil syndical de pouvoir consulter les documents et échanges.
II. Un mail dédié
En parallèle de ce type de captation, certaines start-ups proposent un service encore plus pervers.
Une start-up comme Matera propose de mettre à la disposition du conseil syndical une adresse mail finissant par « matera.eu ».
Par ce procédé le conseil syndical communique à travers une adresse appartenant à la start-up, se retrouvant alors bloqué si demain il souhaitait résilier le service auprès de cette structure.
En effet, il est probable qu’à partir du moment où Matera ne sera plus le prestataire de la copropriété, il ne permettra plus au conseil syndical d’utiliser l’adresse mail.
Voilà pourquoi il est indispensable que le conseil syndical reste autonome de toute solution qu’offre le syndic ou la start-up.