Si pour la plupart des copropriétaires, la copropriété est un lieu d’habitation, pour les syndics professionnels et les fournisseurs, elle est avant tout un objet de commerce.
En effet, pour les sociétés, il s’agit de leurs clientes avec lesquelles ils ont des liens commerciaux.
En tant que représentant légal de la copropriété, il revient au syndic d’assurer de bonnes relations avec les fournisseurs de la copropriété en créant et en conservant un lien de confiance.
Pour des considérations stratégiques, le syndic peut être amené à dégrader cette relation.
Voyons cela de plus près et les contrôles que doit réaliser le conseil syndical.
I- Un conflit d’intérêt
Un syndic peut être intéressé à privilégier des relations commerciales avec certaines entreprises, cassant volontairement le lien de confiance qui peut exister avec des sociétés indépendantes qui interviennent au sein de la copropriété.
Les raisons peuvent être multiples : placer une société avec laquelle il a des liens capitalistiques ou des accords commerciaux ou encore privilégier des sociétés avec lesquelles il a des accords pour obtenir des délais de paiement plus importants ou tout simplement car il s’agit de l’une de leurs filiales.
En revanche, il peut être plus intéressant pour la copropriété d’alimenter un lien de confiance avec des fournisseurs indépendants qui justement n’ont pas de relation commerciale avec le syndic permettant justement d’éviter toute collusion qui serait en définitive contraire aux intérêts de la copropriété.
Celles-ci peuvent être de tout genre : commission versée au syndic impliquant des tarifs plus élevés, retard de prestations sans être inquiétées par le syndic par des courriers de relance ou de mise en demeure.
II – Comment contrôler les bonnes relations commerciales avec les fournisseurs de la copropriété ?
De manière générale, il faut se méfier des sociétés proposées par le syndic surtout s’il s’agit d’une de ses filiales ou d’une qui est fréquemment dénoncée à travers notre rubrique « Abus » sur le site de l’ARC Nationale.
Il est généralement plus pertinent d’opter pour un artisan ayant de l’expérience plutôt qu’une grosse boîte qui a de nombreux frais, privilégiant le profit à la qualité de service.
C’est à ce titre que le conseil syndical ne devra pas hésiter à se rapprocher du fournisseur de la copropriété pour vérifier si les conditions de collaboration avec lui et le syndic sont satisfaisantes.
Bien sûr, le nerf de la guerre reste l’argent impliquant qu’il faille vérifier s’il est payé dans les délais et si le syndic lui donne des consignes claires notamment suite à des demandes exprimées par le conseil syndical.
A défaut, il faudra faire un point avec le syndic pour lui rappeler :
-qu’il n’est que le syndic de la copropriété et non son gérant
-qu’il n’a pas à faire du fric supplémentaire sur le dos de la copropriété
-que par précaution, la copropriété ne souhaite pas qu’interviennent des filiales du syndic ou des sociétés avec lesquelles il a des liens capitalistiques.
En tout état de cause, le conseil syndical devra faire le nécessaire pour que les fournisseurs indépendants et de qualité qui interviennent pour la copropriété ne soient pas boycottés par le syndic.
Quitte à choisir, autant choisir la société indépendante et compétente plus que le syndic véreux qui travaille pour son compte.