Voilà une question à laquelle si nous étions commerçants, nous serions intéressés à indiquer que les copropriétés ont toutes intérêt à être gérées par des syndics non professionnels.
Or, bien entendu, cette réponse serait démagogique et contreproductive.
Alors, essayons de répondre à la question à savoir s’il est plus intéressant d’être géré par un syndic professionnel ou un syndic non professionnel.
I- Des préalables
Comme son nom l’indique, le syndic non professionnel n’est pas titulaire d’une carte professionnelle.
A ce titre, il ne dispose d’aucun diplôme spécifique pour valider ses connaissances.
Ceci étant, nous constatons tous les jours des copropriétés bien mieux gérées lorsqu’elles sont administrées par un syndic non professionnel que lorsqu’elles étaient gérées par un syndic professionnel.
Le préalable est tout d’abord de déterminer si la copropriété est saine.
Les comptes sont-ils approuvés ? Le nombre d’impayés de charges reste-t-il raisonnable ? Et surtout est-ce que le syndic non professionnel a la confiance des copropriétaires ?
Le syndic non professionnel doit être conscient de sa responsabilité et accepter sa mission avec enthousiasme. Il doit donner de son temps et peut pour cela réclamer une indemnité voir une rémunération pour le temps qu’il a engagé.
Dans ce cas, il sera un syndic non professionnel rémunéré.
Le syndic non professionnel doit respecter les grands principes de droit en tenant une comptabilité selon les dispositions prévues dans le décret et l’arrêté comptable du 14 mars 2005, en convoquant au moins une assemblée générale dans les temps, à engager les procédures judiciaires quand elles se justifient, à payer les fournisseurs…
A défaut d’être enclin à respecter l’ensemble de ces préalables, il ne serait pas opportun de se présenter en tant que syndic non professionnel.
II – Un syndic professionnel inactif
Compte tenu de la suractivité des gestionnaires (50 à 80 immeubles en moyenne), ces derniers travaillent en priorité pour les grosses copropriétés qui sont par définition plus rentables.
Ainsi les copropriétés de moins de 20 lots sont souvent la 5ème roue du carrosse quant à ceux de moins de 10 lots, ils sont carrément relayés en 3ème division, n’étant gérées qu’en cas de gros sinistres.
Ainsi, il est clair que les immeubles de moins de 20 lots seront quasiment toujours mal gérés lorsqu’ils feront appel à un syndic professionnel.
Voilà pourquoi pour ces copropriétés, le choix du syndic non professionnel s’impose non pas par la loi mais par la réalité de terrain qui est conditionné par des exigences économiques.
Ainsi, pour résumer, si le choix du syndic non professionnel doit être mûrement réfléchi, dans de nombreux cas, il s’impose à défaut de se retrouver avec un syndic professionnel qui, à part prélever des honoraires, ne va quasiment rien faire pour la copropriété.