Bien souvent, les conseillers syndicaux s’attèlent sur le contrôle de l’ordre du jour de l’assemblée générale, sans forcément prendre le temps d’analyser le montant du budget prévisionnel à venir.
Ce manque de vigilance entraîne, d’un exercice à l’autre, une augmentation du montant des budgets prévisionnels provoquant à a longue les dérives budgétaires que l’on connait.
Lorsque le syndic est interrogé sur la raison de l’augmentation du montant du budget prévisionnel, il évoque deux arguments :
– il faut suivre l’inflation,
– de toute façon si le budget prévisionnel est surdimensionné entraînant des appels de provisions plus élevés, il sera régularisé à la suite du vote de l’approbation des comptes.
Analysons ce dernier argument, sachant que nous avons diffusé de nombreux articles expliquant pourquoi le budget prévisionnel ne doit pas forcément suivre le taux d’inflation enregistré.
I – Un effort économique inutile
La première conséquence de l’augmentation du montant du budget prévisionnel est que les provisions appelées auprès des copropriétaires seront plus importantes.
Au-delà de la difficulté financière que cela peut entraîner pour les copropriétaires, il est probable que le syndic professionnel va enclencher sa machine à courrier de relances et de recommandés qui fonctionne sur un planche à billets.
Ainsi, les copropriétaires vont être mis en demeure de payer des sommes impayées qui résultent du vote d’un montant de budget prévisionnel surestimé.
Par ailleurs, en accordant un montant de budget trop large cela n’incite pas le syndic à une vigilance sur l’engagement des dépenses compte tenu qu’il sait pertinemment qu’il dispose d’une marge.
Cette faille entraîne alors des dépenses inutiles qui provoquent alors des dérives budgétaires, plongeant la copropriété dans un cercle vicieux d’augmentation des dépenses.
II – Un chantage bien ficelé
La deuxième conséquence d’un budget prévisionnel surestimé est que le syndic pourra user de chantage à l’égard des copropriétaires.
Le deal est simple : vous approuvez les comptes en l’état y compris les factures abusives ou illégales sinon je ne pourrai pas régulariser les comptes et recréditer les sommes trop appelées.
Voilà pourquoi le conseil syndical devra estimer au plus juste le budget prévisionnel en analysant chacun des postes en fonction des dernières données à sa connaissance.
A titre d’exemple : si la fuite d’eau ayant entraîné une surconsommation a été réparée, l’estimation de ce poste de charges devra être revue à la baisse.
De même, si le syndicat des copropriétaires a renégocié les contrats d’entretien ou le prix du gaz, ces postes de charges devront également être revus à la baisse.
Et oui, l’augmentation du montant du budget prévisionnel n’est pas une fatalité malgré ce que peuvent dire les syndics.