Les méthodes des syndics professionnels pour mettre en place leurs stratégies commerciales sont nombreuses.
En effet, bien souvent les gestionnaires ont des objectifs à atteindre qui sont formulés généralement par le président du groupe, devant ensuite trouver des stratagèmes pour y arriver.
Parmi les solutions déployées, il y a les « choix imposés », certains diront « la vente forcée ».
Il s’agit d’une technique redoutable dans laquelle beaucoup de copropriétaires, mais surtout de syndicats des copropriétaires, tombent dans le piège.
Regardons plus attentivement de quoi il s’agit.
I- Des techniques bien rodées
Pour « forcer la main » d’un client, en l’occurrence d’un copropriétaire ou d’un syndicat de copropriétaires, d’opter pour une solution, il y a deux cordes sensibles à tirer.
La première est la sécurité :
En effet, à partir du moment où le syndic évoque la sécurité des personnes ou les risques d’incendie qui engageraient la responsabilité de la copropriété, bien souvent les copropriétaires se sentent obligés de valider en assemblée générale les dépenses proposées.
Cela peut concerner l’achat de nouveaux extincteurs, de blocs de secours, ou le changement de pièces de l’ascenseur au risque de créer un accident…
La deuxième méthode est l’obligation légale :
Le syndic affirme tout simplement que les copropriétaires n’ont pas d’autre choix que celui de valider la dépense du fait qu’elle résulte d’une obligation légale.
Ainsi, par ce procédé, le syndic arrive à obtenir un consentement pour valider une dépense ou une opération commerciale sur la base de conseils tronqués ou carrément inexacts.
Voyons comment les détecter.
II – Un syndic juge et partie
Bien souvent ce type de procédé est utilisé lorsque le syndic est intéressé d’une manière ou d’une autre par le vote de la résolution.
À ce titre, lorsqu’il évoque un texte de loi obligeant à valider un marché dont le seul prestataire est une de ses filiales, c’est qu’il y a « anguille sous roche ».
À titre d’exemple, si le syndic oblige la copropriété à être assurée et à valider l’intervention d’un courtier en assurance qui s’avère être une des filiales du groupe, il faudra s’en inquiéter.
De même, lorsque le syndic évoque un texte de loi pour que le syndicat des copropriétaires valide le transfert de la gestion des archives auprès d’une société spécialisée, il faudra là encore s’en méfier.
Et pour cause, il s’agit d’une manipulation de la loi, car celle-ci n’impose nullement au syndicat des copropriétaires de transférer la gestion des archives du syndic à une société spécialisée.
En revanche, cela permet au syndic d’économiser un coût non négligeable qu’il devrait intégrer dans ses honoraires de base.
Ainsi, pour résumer, il faut que le conseil syndical développe trois réflexes :
– Vérifier si la source légale est toujours en vigueur et si elle indique effectivement ce que le syndic formule,
– Vérifier si l’obligation indiquée concerne bien la copropriété,
– Dans tous les cas, le syndic ne doit pas être en conflit d’intérêts ou avoir un avantage économique sur les résolutions qu’il propose.
En conclusion, il ne faut pas céder à la politique de la peur !