Soyons clairs, les gestionnaires de copropriété n’arrivent pas, globalement, à assurer leurs fonctions provoquant une image dégradée du métier de syndic.
On peut se réfugier derrière l’ARC Nationale en disant que cela est dû à la publication de ses abus, ou bien encore du fait que les gestionnaires soient considérés comme des percepteurs réclamant des avis d’appel de fonds sans trop comprendre le pourquoi. Ou alors, on peut choisir d’être plus sérieux, et dénoncer les véritables motifs à l’origine des difficultés rencontrées actuellement par les gestionnaires.
Alors, de quoi s’agit-il ?
I- Un numéro de sécurité sociale
Dans le milieu de l’administration de biens, les gestionnaires connaissent parfaitement les grands slogans utilisés lors de leur recrutement au sein des cabinets.
Plus d’avantages sociaux, plus de télétravail, plus de congés avec moins d’heures… bref des slogans pour être à la mode alors que dans les faits, il y a surtout plus de travail, moins d’assistants et surtout du télétravail. Télétravail qui permet surtout de ne pas être « témoin » des heures supplémentaires qu’ils réalisent parfois jusqu’à tard dans la nuit.
Mais le problème ne s’arrête pas là.
Le gestionnaire ne dispose d’aucun moyen de travail : absence de support juridique, pas de code de la copropriété à jour, des formations en ligne, qu’il faut suivre en parallèle des appels téléphoniques et de la gestion des copropriétés.
En réalité, ce qui est demandé aux gestionnaires c’est de gérer l’urgence, d’éteindre les incendies, et surtout de canaliser les nerfs des conseillers syndicaux et des copropriétaires jusqu’à ce que le gestionnaire craque et fait un burn-out. Remplacé alors par un autre gestionnaire, « tout frais », qui à son tour finira tôt ou tard par subir le même sort.
Malheureusement, personne n’en parle.
Une association a commencé à dénoncer ces conditions, mais s’est vite fait « tirer les oreilles » par les grands groupes, et s’est résignée à présent à faire des vidéos comiques, après tout c’est déjà ça.
Alors quoi faire ?
II – Dénoncez, même si cela ne fait pas forcément plaisir
Soyons clairs, les cabinets et surtout les grands groupes qui prennent les gestionnaires pour des « numéros de sécu », dégagent généralement beaucoup, beaucoup de profits.
Ces profits émanent principalement des honoraires payés par les syndicats de copropriétaires, qui doivent à ce titre être fléchés vers la gestion des copropriétés et la formation des gestionnaires.
Ce renforcement d’équipe permettrait de passer plus de temps dans les copropriétés, d’échanger avec le conseil syndical, de travailler sur la renégociation des contrats, d’établir des budgets prévisionnels cohérents, de défendre une stratégie de réalisation de travaux, de travailler sur les impayés…
Bref, un doux rêve qui explique le départ complet d’équipes au sein des cabinets ou bien l’abandon successif des gestionnaires sans pour autant assurer leur remplacement.
Les conséquences sont inévitables : des cabinets de moins en moins compétents et surtout des copropriétés laissées à l’abandon, basculant doucement mais sûrement dans la difficulté.