Voilà un sujet passionnant. Il s’agit de savoir s’il est intéressant pour un copropriétaire de devenir syndic non professionnel de sa copropriété, en dressant un comparatif des avantages et des inconvénients.
En réalité la question doit se poser différemment en identifiant l’investissement que doit fournir le syndic non professionnel pour assurer ses fonctions avec parfois l’obligation de réaliser des tâches ingrates.
Ainsi, essayons de recadrer le débat en identifiant les impératifs qui s’imposent au syndic non professionnel.
I – Un syndic non professionnel qui doit rester professionnel
Même si le syndic est non professionnel voire bénévole, il doit agir de manière professionnelle en assurant ses fonctions en conformité avec les exigences légales et réglementaires.
Ainsi, l’administration de la copropriété doit en tous points respecter les dispositions prévues dans les textes en vigueur, et en particulier la loi du 10 juillet 1965 et son décret d’application du 17 mars 1967.
Par ailleurs, la tenue comptable doit être élaborée selon les règles énumérées par le décret et l’arrêté du 14 mars 2005.
Les comptes bancaires doivent être tenus en toute transparence, permettant d’identifier l’origine des opérations bancaires au débit ou au crédit.
Une gestion de « bon frère » de serait pas acceptable car en cas de litige le syndic non professionnel se retrouverait en difficulté, entraînant avec lui le syndicat des copropriétaires.
C’est pour cela qu’il est préconisé de débuter sa formation de syndic non professionnel par un mandat de conseiller syndical, permettant, pendant cette période, d’observer comment le syndic professionnel gère la copropriété.
En parallèle, il pourra se former « à blanc » sur les différentes tâches administratives, comptables voire techniques que nécessite la gestion d’une copropriété.
II – Les contraintes de la fonction
Comme indiqué précédemment, même si le syndic est bénévole, il doit rester professionnel.
Ainsi, il doit envoyer les lettres de relance aux copropriétaires débiteurs, et même quand cela se justifie, l’assigner au Tribunal pour obtenir un titre exécutoire.
A défaut, cela donnerait une mauvaise image, démontrant que l’on ne peut pas payer ses charges sans pour autant être inquiété.
De manière générale, le syndic non professionnel doit agir dans l’intérêt exclusif du syndicat des copropriétaires et non arranger « les petites affaires » de certains copropriétaires au détriment de celles de la copropriété.
Enfin, il faut le savoir, si certes il y a des mercis, les copropriétaires n’applaudissent pas tous les jours le réel héroïsme du syndic non professionnel et même parfois l’usent gentiment en sonnant à sa porte à 21h pour leur demander de l’aide du fait qu’ils ont oublié leur clé à l’intérieur de l’appartement.
Mais en définitive, la meilleure satisfaction du syndic non professionnel est de constater qu’il arrive à obtenir des résultats beaucoup plus probants que l’ancien cabinet de syndic qui n’arrivait pas à faire baisser les budgets, à faire intervenir les sociétés, à convoquer l’assemblée générale dans les délais.
Bref, un syndic non professionnel qui s’avère être plus professionnel que le professionnel