Nous avons récemment publié un article mettant en évidence les informations à relever et à contrôler dans l’annexe comptable n°1 envoyée par le syndic. (Voir article : Contrôler au laser vos annexes comptables et surtout la 1 : le cas du cabinet Fontenoy Immobilier Val d’Europe)
À travers cet article, nous allons nous focaliser sur l’annexe n°2 intitulée « opérations courantes et budgets prévisionnels ».
Pour cela, nous allons commencer par présenter brièvement son objet, pour ensuite mettre en évidence une annexe n°2 afin d’indiquer les éléments qui doivent alerter le conseil syndical, notamment en matière d’estimation du budget prévisionnel.
I. Un document de référence pour valider le vote du budget prévisionnel
L’annexe n° 2 doit impérativement être envoyée en même temps que la convocation d’assemblée générale, pour présenter un comparatif entre le montant du budget prévisionnel et celui des dépenses (réelles) de l’exercice à approuver.
Cette information permet notamment aux copropriétaires de vérifier si les dépenses sont cohérentes notamment au regard du budget prévisionnel voté et si elles peuvent être approuvées, en vue d’une régularisation des charges.
En parallèle, est également présenté le budget prévisionnel de l’exercice suivant.
L’objectif est de permettre aux copropriétaires de vérifier si les budgets prévisionnels sont bien estimés ou au contraire surdimensionnés, en prenant en considération les dépenses de l’exercice précédent et celles de l’exercice à approuver.
En effet, pour bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre de dépenses, d’un exercice à l’autre, certains syndics augmentent de manière arbitraire l’estimation du budget prévisionnel de 2 à 10%, sans raison valable.
À ce titre, voyons à présent une annexe n°2.
II. Un budget déconnecté des dépenses
Ici, une annexe n°2 et plus particulièrement le total des montants des budgets prévisionnels par rapport aux dépenses enregistrées.
Que constatons-nous ?
Alors que le total des dépenses de l’exercice s’élève à 355 992,44 €, le budget prévisionnel de l’année suivante est estimé à 364 480,00 € soit 8 487 € de plus !
Pourquoi ?
Cette surestimation du budget prévisionnel entrainera une dérive des dépenses, qui provoquera elle-même une spirale infernale expliquant l’inflation des charges que l’on reconnait déjà dans de nombreuses copropriétés.
D’ailleurs, il est intéressant de constater que les dépenses de l’exercice précédent s’élèvent à 338 610,34 € et en un an, elles augmentent pour atteindre un montant total de 355 992,44 €, conduisant le syndic à continuer de surestimer les budgets prévisionnels à venir.
Voilà pourquoi il est impératif de juguler la situation en limitant le montant du budget prévisionnel au strict minimum sachant que s’il est déficitaire, l’avance de trésorerie pourra combler les dépenses supplémentaires…
