Même si certains font la politique de l’autruche en considérant que le fonctionnement des copropriétés est optimal et que les syndics professionnels sont efficaces dans la gestion de leurs copropriétés, tout observateur un minimum aguerri sait pertinemment que l’administration des immeubles est de moins en moins assurée avec des gestionnaires de plus en plus démotivés.
Plusieurs raisons expliquent la décadence de cette situation.
Il y a le conflit permanent des syndics professionnels qui sont à la fois juge et partie, voulant placer leurs filiales au détriment des intérêts économiques de leurs copropriétés mandantes, la mauvaise formation des gestionnaires, des conditions de travail difficiles avec même des consignes d’objectifs économiques difficilement atteignables.
Mais au-delà de cela, il y a la question voire le problème du turnover programmé des gestionnaires au sein des cabinets de syndic.
Essayons de comprendre le malaise.
I – Des gestionnaires mal considérés
Avant même d’aborder le sujet, nous savons pertinemment que nous allons avoir des commentaires d’insultes, affirmant que l’ARC parle sans savoir.
Et pourtant, nous côtoyons quasiment tous les jours des gestionnaires qui nous font part de leur malaise.
En effet, la perversité du système est que les gérants de grands groupes savent pertinemment que les gestionnaires vont très rapidement être saturés voulant démissionner.
De ce fait, ils leur imposent de compléter un logiciel qui permet de « fliquer » l’ensemble des taches qu’ils réalisent.
Ainsi, en plus des taches de gestion courante que le gestionnaire doit assurer, il doit également prendre le temps pour instruire le suivi d’activité qui permet non seulement de calculer sa productivité mais surtout d’être en mesure de « refiler » le dossier à un nouveau gestionnaire recruté.
Par ce procédé, il y a un semblant de continuité dans la gestion de la copropriété alors que dans les faits le nouveau gestionnaire est contraint de reprendre le dossier à la base, sachant qu’il n’a pas eu de vraie passation ne connaissant pas la cartographie de l’immeuble et surtout les enjeux et difficultés qu’il rencontre.
C’est ainsi que le gestionnaire se démotive très vite, cumulant des retards dans tous ses dossiers et essayant de slalomer entre eux pour tenter d’apporter des réponses plus ou moins vaseuses au conseil syndical à défaut de l’endormir lorsqu’il se fait engueuler.
Ainsi, dans beaucoup de cas, le gestionnaire devient le Premier Ministre, fusible qui doit supporter la politique que le président directeur général du cabinet a opté étant prêt à sauter lorsque la situation devient trop compliquée.
La conséquence est l’absence de gestion courante et prospective de la copropriété, avec un turnover important des gestionnaires qui en définitive ne font que des taches de secrétariat pour colmater les brèches.
II – Une meilleure considération
Là aussi, quand l’ARC parle il faut attaquer. Il ne manquerait plus qu’elle défende les gestionnaires !
Et pourtant, nous sommes persuadés que les gestionnaires pourraient faire beaucoup mieux si on leur en donnait les moyens techniques et surtout la possibilité d’agir sans considérations économiques.
Concrètement, il est indispensable que les gestionnaires ne se sentent pas être le commercial du cabinet mais bien un gestionnaire qui doit gérer dans l’intérêt patrimonial et économique des copropriétés de son portefeuille.
Pour cela, il est essentiel qu’il suive de vraies formations dispensées par des experts indépendants.
De plus, le/la gestionnaire doit être épaulé par au moins un/une assistant et un comptable identifié, n’étant pas contraint de solliciter une autre structure du groupe pour avoir des réponses aux questions comptables liées aux copropriétés qu’il gère.
Les interventions du soir, et plus particulièrement la tenue des assemblées générales, sont effectivement un problème.
Nous avons proposé qu’elles se tiennent sans la présence du gestionnaire. Néanmoins, les soi-disant défenseurs du droit des gestionnaires ont refusé car ils savent pertinemment qu’en absence de leurs commerciaux, alias les gestionnaires, au cours de l’assemblée générale, le cabinet risque de ne pas être reconduit et ainsi perdre son mandat.
Ainsi, en définitive, ils sont favorables à défendre les intérêts du gestionnaire mais pas quand cela heurte les profits du cabinet.
Affaire à suivre donc !