Actuellement, est organisé au Sénat une Commission d’enquête pour connaître les causes de la paupérisation des copropriétés en France.
Les chambres professionnelles de syndics ont été interrogées puis ensuite l’ARC Nationale en privé.
Nous avons alors présenté plusieurs vérités appuyées par des documents et chiffrés, afin de démontrer les nombreuses illégalités commises quotidiennement par un certain nombre de syndics.
Deux données ont particulièrement interrogé le rapporteur car elles parlent d’elles-mêmes.
Présentons-les.
I – 12 % d’inflation contre 50 % d’augmentation des charges
Une des causes des copropriétés en difficulté c’est le taux d’impayés de charges.
Ainsi, de prime à bord, on pourrait pointer du doigt les copropriétaires débiteurs qui plantent la copropriété. C’est d’ailleurs l’argument principal des syndics professionnels.
Néanmoins, on pourrait aussi s’interroger sur l’explosion des charges de copropriété avec un phénomène curieux qui est que, sur les dix dernières années, les charges de copropriété ont augmenté de 50 % alors que l’inflation est de 12 %.
Autrement dit, les charges de copropriété ont augmenté quatre fois plus que l’inflation. Pourquoi cette dérive ?
Après tout, peut-être que l’augmentation des copropriétaires débiteurs est due à une copropriété en difficulté.
Ainsi, les dérives budgétaires qui sont dues à une mauvaise gestion de l’immeuble et à un défaut de mise en concurrence périodique des fournisseurs, entraînent petit à petit la copropriété en difficulté qui elle-même provoque des copropriétaires en incapacité de paiement, se retrouvant débiteurs.
Pire, en permettant au syndic de faire travailler ses filiales, faisant en sorte de défendre les intérêts économiques du groupe plutôt que les finances de la copropriété, cela entraine, là encore, une dérive économique des copropriétés qui basculent en difficulté.
II – Un gestionnaire pour 60 copropriétés
En moyenne, un gestionnaire gère entre 40 et 80 immeubles.
Ainsi, en moyenne, un gestionnaire gère la copropriété une fois tous les deux mois, voire carrément tous les deux mois et demi.
Le constat est donc simple : il est impossible pour un gestionnaire de gérer les immeubles de son portefeuille et encore moins de définir une stratégie de travaux ou de rénovation énergétique.
Le syndic ne gère en réalité que les urgences et essaye d’automatiser au maximum des tâches n’apportant aucune réelle plus-value à la copropriété.
Voilà pourquoi une absence de gestion et de gestionnaires fait basculer les copropriétés en difficulté.