I. Qu’est-ce que le tartre ?
L’entartrage des équipements est dû au calcaire présent dans l’eau délivrée par le réseau public. Cette eau est essentiellement d’origine souterraine, car prélevée par pompage dans la nappe phréatique. Or en séjournant dans le sous-sol, l’eau se charge de sels minéraux, et notamment de calcium.
Un excès de calcium va rendre l’eau « calcaire ».
Ce calcaire a tendance à se cristalliser et à former des résidus durs et compacts que l’on appelle « tartre ». Cela se produit particulièrement sous l’effet des hautes températures du réseau d’eau chaude sanitaire (ECS) qui catalysent la réaction chimique qui s’opère.
Dans vos installations d’ECS, cela se matérialise sous la forme de dépôts blancs dans les équipements de production, mais aussi dans les canalisations, sur les robinetteries, etc.
II. Quels sont les effets du tartre ?
Dans l’absolu, consommer une eau calcaire ne présente aucun danger pour la santé. Mais l’entartrage peut constituer un véritable problème pour vos installations :
- Le tartre se solidifie en particulier dans les ballons de production d’ECS où l’eau stagne. En se déposant, il agit comme un isolant en réduisant les transferts thermiques, ce qui engendre une surconsommation d’énergie ;
- Les dépôts de tartre dans les équipements de production et les canalisations augmentent le risque de prolifération bactérienne ;
- Le tartre réduit le diamètre des canalisations, et peut même finir par les obstruer complètement ;
- En parties privatives, il diminue aussi la durée de vie des équipements électroménagers (cafetière, bouilloire, lave-vaisselle, etc.).
III. Quand faut-il s’inquiéter d’une eau calcaire ?
Pour répondre à cette question, il faut s’enquérir des caractéristiques physico-chimiques de l’eau du réseau public.
Votre mairie doit publier ces données par voie d’affichage (voir articles D1321-103 à 105 du code de la santé publique) et, généralement, vous trouverez aussi ces informations sur internet, soit sur le site de votre mairie, soit sur le site du délégataire de service public assurant la distribution d’eau, soit sur le site de l’Agence Régionale de Santé (ARS).
La donnée qui nous intéresse est le titre hydrotimétrique (TH), aussi appelé dureté de l’eau. Cette grandeur, exprimée en « degré français » (°F), représente la concentration en ions calcium (CA2+) et magnésium (Mg2+).
Cet indicateur de la minéralisation de l’eau permet de savoir si l’eau délivrée par le réseau public est susceptible d’entartrer les installations de votre copropriété. On trouve des eaux :
- Très peu dures (< 10°F) ;
- Peu dures (de 10 à 20°F) ;
- Dures (de 20 à 30°F) ;
- Très dures (> 30°F).
Nous conseillons d’installer un adoucisseur uniquement si le TH de l’eau est supérieur à 30°F. En dessous, le calcaire ne constitue généralement pas un problème pour vos équipements (mais rien ne vous empêche d’installer un système de traitement à titre préventif).
Attention néanmoins à ne pas trop adoucir l’eau : une eau trop douce est corrosive et peut ronger les parois des canalisations (risque de fuites). Une valeur acceptable après adoucissement se situe entre 12 et 15°F.
IV. Comment fonctionne un adoucisseur ?
L’adoucisseur permet de réduire la quantité de minéraux (dont fait partie le calcaire) issus du réseau public. Un adoucisseur « résine », technique traditionnelle, fonctionne grâce à des billes de résine riches en ions sodium (Na+).
L’adoucisseur est constitué de deux éléments principaux :
- L’adoucisseur en lui-même, composé de la résine « échangeuse d’ions » qui va permettre de capter le calcaire ;
- Un bac à saumure que l’on remplit de sel régulièrement.
Source : www.hydrobios.com
En fonctionnement normal, l’eau passe à travers la résine échangeuse d’ions. Les ions calcium sont « échangés » par réaction chimique avec les ions sodium de la résine, ce qui réduit drastiquement la teneur en calcaire dans l’eau.
Lorsque tous les ions sodium de la résine sont consommés, la résine est saturée de calcium et il faut régénérer l’adoucisseur. C’est ici qu’entre en jeu l’eau saumâtre du bac à sel riche en ions sodium. Voilà ce qu’il se passe :
- Dans l’adoucisseur, le flux d’eau est inversé pendant un certain temps, c’est ce qu’on appelle le « détassage ». Cela permet de « lessiver » la résine et d’évacuer vers l’égout les ions calcium qu’elle a capté ainsi que les particules en suspension ;
- L’eau saumâtre est injectée dans le corps de l’adoucisseur pour recharger la résine en ions sodium.
Généralement, ce processus est automatique et se déclenche au bout d’un certain nombre de mètres-cubes consommés (si l’adoucisseur est équipé d’une vanne volumétrique) ou au bout d’un certain nombre de jours (si l’adoucisseur est équipé d’une vanne chronométrique). Il faut attendre un peu de temps pour que l’adoucisseur soit à nouveau opérationnel.
V. Comment entretenir l’adoucisseur ?
Généralement, l’entretien de l’adoucisseur est assuré par le chauffagiste (ou l’un de ses sous-traitants) et la prestation est intégrée dans le contrat de maintenance P2 (ou ajoutée par un avenant).
Voilà les opérations que doit assurer le prestataire :
- Il faut procéder à la vérification du niveau du sel dans le bac une fois par mois. Si nécessaire, il faut rajouter du sel (dans certaines copropriétés, cette tâche est déléguée au gardien) ;
- Il faut régulièrement procéder à des opérations de maintenance :
-
- Contrôle de la dureté de l’eau pour s’assurer que les réglages de l’appareil sont adéquats ;
- Vérification du bon fonctionnement du dispositif automatique de régénération ;
- Vérification de l’encrassement des filtres et nettoyage si nécessaire ;
- Désinfection à échéances données. Il est conseillé de procéder à la désinfection de l’adoucisseur (utilisation d’un produit désinfectant) à l’occasion d’une régénération manuelle (ou régénération « forcée ») chaque année.
VI. Comment s’assurer que l’adoucisseur est bien entretenu ?
Le professionnel en charge du contrat d’entretien doit avoir indiqué sur l’adoucisseur les différentes opérations de contrôle et de maintenance qu’il a effectuées (à défaut, il faut qu’il remplisse le carnet de chaufferie).
Il doit par ailleurs être en capacité de vous transmettre les analyses d’eau qui permettent de régler l’appareil (mesures de TH réalisées en amont et en aval de l’adoucisseur).
VII. Y a-t-il autre chose que je dois savoir ?
Oui. D’après la loi, il est interdit de traiter toutes les eaux de la copropriété. Comme l’indique l’article R1321-55 du Code de la santé publique, chaque appartement doit disposer d’une arrivée d’eau froide non traitée par un dispositif collectif. Cela fait sens dans la mesure où un éventuel défaut de traitement au niveau de l’adoucisseur pourrait rendre les eaux impropres à la consommation. L’adoucisseur doit donc être utilisé uniquement sur le réseau d’ECS (rappelons-le tout de même : il est plus que déconseillé de consommer l’ECS), et si pertinent, pour les appoints d’eau du réseau de chauffage.
Pour toute question complémentaire sur ce sujet, et notamment si vous doutez d’un devis concernant ce type d’équipement, n’hésitez pas à contacter le pôle rénovation de l’ARC à energie-eau@arc-copro.fr.
