Depuis l’entrée en vigueur de l’immatriculation des copropriétés, l’ANAH gère le registre des copropriétés récoltant un nombre très important de données.
Initialement, le registre avait pour but de détecter les copropriétés en difficulté ou pré-difficulté.
A présent, il est surtout utilisé pour procéder à un observatoire sur l’évolution de la gestion des copropriétés.
Comme chaque année l’ANAH dresse un rapport sur l’exercice précédent en l’occurrence sur l’année 2023.
Comme on va le constater, les résultats sont plutôt inquiétants mais conformes à la réalité du terrain.
I – Des copropriétés qui présenteraient un risque potentiel ou important.
Selon les nombreuses données communiquées, l’ANAH a présenté le taux des copropriétés en fonction du risque potentiel qu’elles présentaient.
Pour réaliser cette analyse, quatre critères ont été retenus qui sont : le fonctionnement, les caractéristiques structurelles, le bâti et la gestion financière.
Selon leur explication apportée, chaque catégorie dispose d’un coefficient plus ou moins important.
Le critère qui semble poser le plus de problèmes est la gestion et la situation financière.
Les critères pris en compte sont l’évolution des impayés, le taux des dettes fournisseurs, le montant des charges courantes, l’évolution du nombre d’impayés de plus de 300 €.
A la suite de cette remontée, il résulte que 57 % des copropriétés présenteraient un risque potentiel et 7 % un risque important.
Autrement dit, seul 7 % des copropriétés sont sans risque et 29 % à risque faible.
II – Des impayés qui stagnent par rapport à 2022
Selon l’analyse de l’ANAH, le taux de répartition des impayés semble sensiblement être le même que celui de 2022.
On peut relever que 140.000 immeubles présentent un taux d’impayés entre 11 et 31 % tandis que sur 5.775 immeubles cela représentait plus de 24 % de copropriétés en fragilité.
Si on isole celles ayant plus de 21 % d’impayés, le nombre de copropriétés en difficulté serait de 90.000 immeubles, soit un taux de 15 %.
Néanmoins, là où la situation doit nous alerter, est que le nombre de copropriétés ayant un taux d’impayés de plus de 31 % a largement augmenté depuis ces cinq dernières années puisque en 2019 on en comptait 40.000 et à présent 50.000.
Le chiffre nous parait même sous-estimé car est indiqué sur ce rapport la réalité relevée alors que de nombreuses copropriétés n’ont pas encore engagé les travaux de rénovation et d’entretien qui s’ils étaient exécutés, entraineraient probablement une augmentation significative du nombre de copropriétés en difficulté suite aux nombreux impayés de charges que cela entraînerait.
Un observatoire à continuer à suivre.