Certains, et en particulier les syndics et les chambres professionnelles, doivent être intrigués en lisant ce titre.
En effet, comment l’ARC peut prétendre être un défenseur de la profession de syndics alors que, de manière hebdomadaire, elle dénonce les abus commis par les syndics profesionnels. Et pourtant, comme toujours, il y a l’apparence et la réalité.
A travers différents exemples, et surtout l’actualité, essayons de comprendre comment l’ARC se bat pour améliorer le fonctionnement des syndicats des copropriétaires, ce qui implique égalment la défense du métier de syndic tandis qu’en parallèle certains organismes représentatifs des syndics professionnels ont plutôt tendance à défendre des lobbies.
Exposons les faits.
I- Des nouvelles obligations à l’égard des syndics profesionnels
Beaucoup de syndics professionnels pensent que la principale action de l’ARC est de réclamer auprès des pouvoirs publics, de nouvelles obligations à leur égard.
Et pourtant, la plupart des dispositions légales et réglementaires n’émanent pas de l’ARC mais des lobbies des groupes de syndics professionnels.
En effet, l’extranet de copropriété n’émane pas de l’ARC mais bien des groupes.
Pourquoi ? Pour deux raisons essentielles :
1) accentuer les contraintes à l’égard des petits et moyens cabinets, dans le but de les étouffer et qu’ils jettent l’éponge
2) utiliser ce système pour capter les syndicats des copropriétaires et en imposant un mode de paiement depuis cette plateforme qui ne permet pas d’identifier le bénéficiaire des règlements.
Les exemples ne manquent pas.
Encore dernièrement, les pouvoirs publics ont validé la tenue électronique des assemblées générales , ou encore la possibilité de voter par le biais du formulaire de vote.
Là aussi, l’ARC n’était pas favorable à ces régressions, sachant que les petits et moyens cabinets de syndics seront encore une fois contraints de s’adapter, engageant de nouvelles dépenses inutiles.
En revanche, notre association a pour ambition non pas d’instaurer de nouvelles obligations légales, mais plutôt de faire en sorte que celles déjà prévues par la loi et sont cohérentes soient respectées, ce qui est déjà une lourde tâche lorsque l’on constate les malveillances des syndics professionnels.
Encore dernièrement, l’ARC a été contrainte de défendre les syndics professionnels contre les représentants d’organisations des administrateurs de biens.
II – L’ARC, chambre professionnelle des syndics profesionnels
Dans le cadre de réunions pour améliorer la sobriété énergétique des copropriétés, l’ARC et les représentants de chambres professionnelles se sont réunis avec les ministères pour trouver des solutions.
Tandis que l’ARC propose d’améliorer les usages et l’optimisation des équipements, certains professionnels essayent de pousser pour rendre encore « plus obligatoire » l’installation des équipements d’individualisation des frais de chauffage.
Or, compte tenu que la plupart des copropriétés équipées en chauffage collectif doivent installer des répartiteurs de frais de chaleur, cela entraînera des disfonctionnements qui pourront avoir des conséquences néfastes, que ce soit en termes juridiques, techniques ou comptables.
Pire que cela, le décret 2020-886 du 20 juillet 2020 impose au syndic d’informer le copropriétaire demandeur, tous les mois, de leurs consommations de chauffage, impliquant que, dans un premier temps, ils doivent récupérer du prestataire qui se charge de l’individualisation des frais de chauffage, les données pour ensuite les transmettre aux copropriétaires.
Une tâche importante et inutile que le syndic devra réaliser dans le cadre de son forfait de base, à défaut d’engager sa responsabilité civile pour faute.
Il semble que ces représentants des professionnels n’ont pas compris que derrière cette défense des lobbies, les syndics devront répondre à de nouvelles contraintes inutiles qui empoisonneront encore plus le quotidien des gestionnaires.
Voilà pourquoi il est beaucoup plus judicieux, pour les syndics et les copropriétaires, de laisser de côté cette obligation.
Une subtilité que les représentants semblent ne pas comprendre.
En définitive, les professionnels devraient adhérer à une vraie chambre professionnelle, à savoir l’ARC.