Depuis la création de l’ARC Nationale, nous dénonçons les abus ou plutôt les pratiques illégales commises par les professionnels et en premier lieu par les syndics qui provoquent des préjudices plus ou moins grave à l’égard de leurs copropriétés mandantes.
A ce titre, nombreux professionnels crient au scandale non pas parce qu’ils commettent des abus mais parce que l’ARC Nationale dénonce sur la place publique les dérives de la profession qu’ils auraient préféré laisser sous silence.
Pour essayer d’éteindre le feu, au lieu de se remettre en cause, ils préfèrent dénigrer l’ARC Nationale ou demander aux instances publiques ou aux politiques de ne pas nous considérer, pensant à tort que cela aura des conséquences sur notre crédibilité.
Bref, l’objectif est de faire taire l’ARC Nationale, au lieu de faire le ménage dans le milieu des syndics professionnels qui pourtant en a grandement besoin.
Mais il y a plus déroutant lorsque les syndics nous affirment que la dénonciation d’abus est en fait notre « business plan » car, à défaut, il eut fallu que l’on présente également leurs bonnes actions.
Alors, dont acte, faisons un deal.
I – Un carton rouge, contre un carton vert !
Pourquoi l’ARC Nationale est obligée de dénoncer les abus des syndics professionnels ? Car tout simplement la profession, et en premier lieu, les chambres professionnelles qui ont parmi leurs adhérents des syndics « indignes », n’ont pas le courage de les sanctionner ou mieux encore de dénoncer leurs abus.
Ainsi, si demain les professionnels décidaient de mettre à l’amende un cabinet de syndic qui n’agit pas conformément au cadre légal ou mieux encore le dénoncer sur la place publique, l’ARC Nationale n’aurait plus à le faire.
Il ne s’agit pas d’humilier le cabinet mais d’alerter la profession sur l’exemple à ne pas suivre et d’informer les copropriétaires sur les abus à éviter.
Dans ce cadre, l’ARC Nationale utiliserait son site internet pour publier « des cartons verts » qui mettraient en exergue des cabinets de syndics qui agissent comme de vrais mandataires faisant honneur à la profession et défendant les intérêts exclusifs de leurs copropriétés mandantes.
Ainsi, le deal est le suivant : un carton rouge produit par le syndic contre un carton vert publié par l’ARC Nationale sur son site internet.
II – Une difficulté de fond
La question est de savoir pourquoi il existe autant d’abus au sein des copropriétés.
En effet, il n’est pas cohérent et même outrancier de considérer que cette profession attire des personnes malhonnêtes.
Partant de ce postulat, il faut considérer que le problème provient de l’environnement de la profession de syndic.
Selon notre analyse, la profession souffre d’un manque cruel de régulation.
Ainsi, les abus et illégalités commis au détriment des copropriétés sont devenus courants car non seulement il n’y a pas de sanctions mais en plus la copropriété n’a pas les moyens pour se défendre.
Et pour cause, le seul représentant légal de la copropriété est le syndic qui est lui-même à l’origine du problème.
Le modèle économique des syndics professionnels est calculé en prenant en considération une part plus ou moins importante de tolérance d’abus.
Il peut s’agir de facturer l’heure alors que le gestionnaire n’est intervenu qu’un quart d’heure, de présenter des factures indues ou abusives, d’appliquer des tarifs horaire qui ne sont pas conformes à ceux présentés dans le contrat. Bref, la liste est longue avec une rubrique « Abus » sur notre site internet largement fournie.
Compte tenu de cette réalité, le professionnel honnête n’a pas d’autre choix que de suivre les pratiques du milieu, à défaut, il est contraint d’augmenter ses honoraires du forfait de base se faisant alors tout de suite disqualifier lors d’une mise en concurrence.
Comme on dit « ou tu marches ou tu crèves », c’est la règle du milieu.