ABUS N 4379 : Le cabinet SOCAGI : un contrat qui impose d’être conscient

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Abus
26/06/2018

ABUS N 4379 : Le cabinet SOCAGI : un contrat qui impose d’être conscient

 
Nous sommes toujours intrigués et curieux d'en savoir plus, lorsqu’un syndic accompagne son nom d’un slogan élogieux.
 
Neuf fois sur dix, c’est un peu comme avec le grand méchant loup, « c’est pour mieux te manger mon enfant ! »
 
Dernièrement, nous avons eu connaissance du contrat SOCAGI dans lequel on peut lire à la suite de son nom la phrase suivante : « Gérer en conscience ». Un beau slogan pensé pour inspirer confiance.
 
Ainsi, a priori, avec ce syndic dont le contrat a été élaboré « en conscience » nous ne trouverons aucun abus.
 
Vous avez dit a priori ? Voyons ensemble le détail de ce contrat.

I. Une visite de l’immeuble d’une durée minimum d’une demi-heure

Le point 7.1.1 du contrat type impose au syndic de préciser le nombre de visites de l’immeuble qu’il assure annuellement ainsi que leur durée minimum.
 
L’objet de cette disposition est d’éviter les visites « flash » du syndic dépourvues d’utilité, si ce n’est de serrer les mains des copropriétaires et de faire campagne pour être réélu à la prochaine assemblée générale.
 
Le cabinet SOCAGI, qui rappelons-le gère les copropriétés « en conscience », a tout de même battu un nouveau record en matière de durée minimum de visite.
 
Et pour cause, alors que généralement est prévue une visite minimum d’une durée d’une heure, le contrat de ce cabinet limite la durée à une demi-heure, soit seulement trente minutes… pour une copropriété composée de 100 lots.
 
Comment, alors, peut-il valablement faire le tour de la copropriété pour détecter d’éventuels travaux d’entretien à réaliser sur une durée aussi courte, surtout lorsque la copropriété est composée d’un nombre de lots aussi importants.
 
Bien évidemment, il pourra rétorquer qu’il s’agit d’une durée minimale sachant que concrètement il y passe beaucoup plus de temps.
 
La question logique qui en découlera est : Pourquoi ne préciser que trente minutes lorsque vous y passez plus d’une heure ?
 
Alors pour les sceptiques, voici la preuve en image :
 
 
Espérons que pendant ce temps il ne parlera pas avec un locataire de ses problèmes de fuite de robinet de cuisine.
 
La nouvelle question qui reste en suspens est donc de savoir qui battra le nouveau record en présentant dans son contrat un quart d’heure de visite minimum.
 
Le pire c’est qu’il risque de nous dire « cela n’est pas illégal ! »

II. Des tarifs de la mise en demeure à un prix hallucinant

A combien peut-on facturer une mise en demeure, qui, rappelons-le, est un courrier papier envoyé en recommandé au copropriétaire, qui mentionne le montant de son impayé de charges ?
 
20, 30, 40 euros ? On est encore loin du compte…
 
Et oui, le cabinet SOCAGI prévoit dans son contrat une facturation de 81 euros TTC pour un simple papier envoyé en recommandé.
 
Pour les nostalgiques, cela représente tout de même la modique somme de 531,36 francs.
 
Mais il y a encore pire. La relance après mise en demeure, qui elle n’est pas envoyée en recommandé et consiste tout simplement à faire une photocopie du précédent courrier, est facturée elle aussi à 81 euros.
 
Vous n’y croyez pas. Voici la preuve :
 
 
Respirons et rappelons qu’il s’agit du syndic SOCAGI qui affirme « gérer en conscience ».