ABUS N° 4594 : Le nouveau syndic en ligne « Cotoit » du Crédit Agricole Centre Loire n’a rien de nouveau

20/12/2019 Abus Abus

Et nous revoilà partis avec une nouvelle offre de syndic en ligne mettant toujours en évidence le même argument qui est le coût des honoraires.

Cette fois-ci, l’approche est encore plus agressive car cette nouvelle start-up affiche un tarif à partir de 10 euros qui sur son site est mis en évidence en gros et en gras et en tout petit est précisé « par mois et par lot principal ».

A titre d’exemple, lorsqu’on fait le calcul pour une copropriété de 60 lots, le coût des honoraires serait de 7 200 euros. Ce coût est bien indiqué, mais en tout petit sous les 10 euros mis en avant sur la page :

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Ce nouveau syndic qui utilise les méthodes des anciens se prénomme Cotoit, développé par la banque Crédit Agricole Centre Loire.

Voyons donc quelle est cette offre dite innovante.

I. Un tarif de base

Qu’on se rassure, rien de nouveau à l’horizon.

Il s’agit d’une offre de syndics de copropriété qui utilisent une plateforme internet dite collaborative.

Derrière ce terme se cache en réalité une recherche de gain de productivité en diminuant les interventions humaine.

Là où l’offre devient plus compliquée est que cette plateforme s’appuie sur les copropriétaires pour assurer des tâches de gestion de la copropriété.

Ainsi, il met en évidence un « coach copro » qui accompagne par mail, chat ou téléphone, quand « vous en avez besoin » :

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Qui est ce « vous » ?

Pourquoi ce syndic devrait « entraîner » les copropriétaires à partir du moment où c’est lui qui est le syndic et donc lui qui doit assumer la gestion ?

Plus gênant, ce site présente les différentes tâches de gestion dont certaines sont en option, d’autres sont à la charge du syndic, d’autres « vous êtes autonome » et d’autres « ensemble nous agissons ».

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Là aussi, qui sont les « vous » et les « ensemble » ?

Par ailleurs, comment se partagent les responsabilités entre le syndic, le « vous » et l’ « ensemble » ?

Une start-up qui compare les honoraires avec un syndic standard sans comparer les tâches qu’elle assume.

II. Un syndic qui oublie le contrat type

Que ce soit le syndic professionnel ou bénévole, la loi du 10 juillet 1965 impose de respecter un contrat type qui définit à contrario les tâches incluses au forfait de base.

Ainsi, le syndic est dans l’impossibilité de facturer des tâches non prévues expressément dans le contrat, ou pire des tâches comprises dans le forfait de base.

Or, ce syndic propose des honoraires de base auquel s’ajoutent des options qui pourtant doivent être incluses dans le forfait de base.

Nous retrouvons tout d’abord la tenue d’une assemblée générale pour deux heures de présence pour un coût de 480 euros, or cette prestation doit être incluse au forfait de base, ne pouvant être facturée en plus.

Autre point plus fâcheux, ce syndic prévoit un coût de 500 euros pour la gestion du personnel, alors que là aussi il s’agit d’une prestation qui ne peut être facturée puisqu’incluse au forfait.

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Mais allons plus loin dans la réflexion.

Si la tenue de l’assemblée générale par le syndic est optionnelle, alors qui la tient si la copropriété souscrit le forfait de base ?

Eh oui ! On revient aux mêmes travers des start-ups qui se présentent comme des syndics et des gestionnaires de copropriété mais qui demande aux copropriétaires d’assumer au moins une partie de la gestion « vivante » de la copropriété.

Un modèle qui atteint vite ses limites, sachant qu’au final le syndic se charge uniquement de faire du secrétariat et les copropriétaires la gestion de la copropriété.

A bien méditer avant de commencer à réfléchir à opter pour cette solution.