En mai dernier, les deux présidents de chambre professionnelle de l’immobilier qui sont la FNAIM et l’UNIS ont été décorés par la Ministre du Logement, Madame Valérie LETARD, de l’insigne de chevalier de la légion d’honneur.
Selon les dires, la remise de cette médaille a pour objet de valoriser les quarante-cinq années d’engagement sans faille au service de l’immobilier et du logement.
Si nous pouvons les féliciter pour cette distinction, nous sommes malgré tout perplexes sur la démarche engagée par la Ministre du Logement, toujours en fonction, qui selon nous, explique en réalité beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
Allons plus loin dans la réflexion.
I- La remise d’insigne en cours de fonction
Nous le savons bien, il existe actuellement de nombreux sujets concernant la copropriété qui sont dans l’impasse.
Les enjeux sont importants car ils concernent le contrat de syndic, la mise en place d’une commission de contrôle indépendante, les collusions de syndic avec des sociétés ou leurs filiales, la concentration de grands groupes dans certaines villes, le malaise de la profession et des gestionnaires.
Bref, des sujets qui nécessitent une réflexion sérieuse et équilibrée avec parfois des prises de position qui peuvent contrarier en particulier les professionnels de l’immobilier.
Pour cela, le gouvernement doit être libre de sa politique ne subissant aucun influence ou pression qui pourraient notamment provenir des professionnels.
Or, à partir du moment où la ministre du logement, Madame LETARD, remet les insignes de chevalier de la légion d’honneur à des représentants des professionnels de l’immobilier, on peut considérer qu’elle souhaite alimenter une certaine sympathie avec eux pouvant présager des arbitrages futurs.
D’ailleurs, on comprend mieux pourquoi Madame LETARD a une peur bleue de rencontrer le directeur de l’ARC Nationale au risque de se faire réprimander par ses chevaliers de la légion d’honneur.
II – Et les autres ?
Selon le communiqué de la FNAIM, cet insigne reconnaît leur engagement dans la filière du logement.
Mais dans ce cas, il faudrait remettre la légion d’honneur à de nombreux syndics artisans que l’on entend moins et qui travaillent plus, depuis plusieurs années, sans être sous les projecteurs ayant les mains dans le cambouis pour gérer de manière efficace les copropriétés mandantes.
On pourrait aussi remettre aussi la légion d’honneur à tous nos pâtissiers et boulangers qui sept jours sur sept se lèvent à quatre heures du matin pour fournir à tous les français leurs pains au chocolat et leurs baguettes.
Comme on le constate, cette légion d’honneur n’a pas grand sens si ce n’est de faire la politique afin d’obtenir des silences consensuels.
Entre temps, nous remettons l’insigne de chevalier d’honneur à tous nos adhérents qui sans être rémunérés et sans être en haut de l’affiche, travaillent d’arrachepied pour faire fonctionner leur copropriété, qui au-delà d’alimenter tout un système, fait partie du patrimoine français.