Philippe MAURICE en prison (enfin !)

13/06/2013 Actions Action

Philippe MAURICE en prison (enfin !)

      Les gardiens des détenus de Fleury-Morangis ont du souci à se faire : l’un des derniers entrants n’est autre que le voyou multirécidiviste, Philippe MAURICE.   Cet individu - ancien syndic qui a mis en faillite de nombreuses copropriétés - semble être un délinquant compulsionnel que rien n’arrête : c’est pourquoi nous alertons ses gardiens et codétenus : attention, il arrive.   Voici ce qu’en dit le journal le PARISIEN et une de ses victimes :   « Le soi-disant avocat écroué pour escroquerie. Frauduleusement inscrit au barreau de Melun, l’intéressé est poursuivi pour escroquerie, blanchiment, fraude fiscale, faux et usage de faux.         Avec Philippe Maurice, on n’y a vu que du feu… ou un écran de fumée. Les avocats, le bâtonnier, les juges, la police et ses très nombreux clients. Tous ont cru en lui. C’est vrai qu’il présentait bien. Affable et sympathique à souhait, un avocat apparemment comme un autre, respectable et respectueux. Sauf que tout cela n’était que de la poudre aux yeux.    « Maître Philippe Maurice, avocat à la cour », comme le mentionne une plaque de cuivre gravée à l’entrée de la résidence où il avait basé son cabinet (lire le témoignage ci-dessous), a grugé le barreau de Melun. Il a présenté des diplômes, mais pas d’attestations de moralité. « Les documents sont en cours d’acheminement », a-t-il expliqué lors de son inscription au barreau. Car le pompon, c’est qu’il a été inscrit. Et s’est ainsi fait passer aux yeux de tous pour un avocat pendant trois-quatre ans. Mais les doutes et les plaintes de certains de ses clients sont remontés jusqu’à l’ordre des avocats. Et la sanction est tombée : « Il a fait l’objet d’une suspension administrative », précise le bâtonnier melunais, Jérôme Bourricard, tout en indiquant « qu’aujourd’hui, sur le plan pénal, l’affaire est à l’instruction. » Le comble dans cette affaire, c’est qu’il a continué d’exercer en tant qu’avocat alors qu’il était suspendu depuis au moins un an. Avec un aplomb et un culot monstre, il a revêtu la robe et exercé le métier dans les différentes juridictions en France, notamment à Lyon et en région parisienne. Un juge qui le savait suspendu l’a même vu, à sa grande surprise, venir à l’issue d’une interpellation assister l’un de ses clients. Il a été débarqué sur le champ. Le soi-disant avocat est écroué à Fleury-Mérogis. Toutes ses victimes, nombreuses et réparties dans tout l’Hexagone, ne sont pas encore recensées. Philippe Maurice pourra se vanter d’avoir donné du fil à retordre aux enquêteurs. Pour arriver à coincer le personnage, il aura fallu plus d’un an et demi d’investigations aux enquêteurs de la police judiciaire et du groupement d’intervention régional (GIR) mettant en œuvre des moyens policiers, militaires, douaniers, fiscaux, administratifs. Déjà condamné pour des faits similaires C’est effectivement en septembre 2011 que l’enquête démarre. En accumulant les preuves, les enquêteurs réussissent à découvrir un système d’escroquerie sophistiqué impliquant de la fraude fiscale, des faux en écriture, publics et privés, et usage de faux. Le 21 mai, il est finalement interpellé avec trois complices qui appartiennent à son milieu familial. L’un d’entre eux lui servait pour rabattre les victimes. À la suite de son placement en garde à vue, le procureur de Melun, Bruno Dalles, a ouvert une information judiciaire le 24 mai. Dès lors les choses s’accélèrent et Philippe Maurice est mis en examen pour escroquerie, mais également pour exercice illégal de la profession d’avocat. Il est écroué de même que sa principale complice. Un autre homme est également impliqué dans l’affaire. Il est actuellement placé sous contrôle judiciaire. En fouillant dans le passé de Philippe Maurice, les enquêteurs s’aperçoivent qu’il a déjà été mis en cause dans des procédures en région lyonnaise et en banlieue parisienne, en 2010 et 2011 pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Il a même été condamné à des peines de deux ans de prison, dont un an avec sursis pour une affaire et pour la seconde à neuf mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve. En disséquant son système de fraude très élaboré, les enquêteurs se sont aperçus qu’il concernait principalement des opérations immobilières entraînant un blanchiment d’argent vers la Belgique, l’Allemagne, mais aussi Singapour grâce à des sociétés-écrans. À cela s’ajoutait aussi un système de vente de diamants à Anvers. Dans quelles conditions? Philippe Maurice ne s’est pas encore expliqué. L’instruction de l’affaire devrait pouvoir apporter des réponses et peut-être même révéler des surprises, car rien ne semblait pouvoir l’arrêter.  

 

 

« Il s’est installé dans l’appartement que je vendais, mais il ne m’a jamais payé »

La propriétaire du logement où Philippe Maurice a installé son cabinet

Roissy-en-Brie, vendredi. C’est ici, sur la place Pathé, que Philippe Maurice exerçait. La propriétaire, qui n’a toujours pas reçu le fruit de la vente des lieux, demande son expulsion. Elle a déposé plainte. | (LP/G.L.G.)

Philippe Maurice était installé à Roissy-en-Brie. « J’avais un local d’habitation qui l’intéressait au 1, place Pathé. Il voulait l’acquérir et moi j’étais disposée à le vendre. Je l’ai rencontré en compagnie de sa mère. Tous les deux m’ont fait bonne impression », raconte la propriétaire du logement, où le soi-disant avocat a installé son cabinet.    « Nous sommes passés devant le notaire, seulement je n’ai jamais reçu le chèque de la vente. Il s’en est sorti avec un tour de passe-passe. Entre-temps, il s’est installé chez moi. Il a posé sa plaque. Il ne me paye toujours pas et ne veut pas sortir de mon habitation. J’ai déposé plainte. Je veux qu’il soit expulsé », réclame la propriétaire, victime d’un squatteur en col blanc. « Je ne comprends pas pourquoi la procédure est si longue. Il est dans son tort. Il a abusé de ma confiance », plaide-t-elle. Sa mère distribuait des cartes en vantant ses qualités Au moment de l’installation de Philippe Maurice à Roissy-en-Brie, sa mère distribuait sur le marché des cartes de visite au nom de son fils vantant ses qualités en matière de droit des sociétés (constitution, cession, etc.) Selon certains de ses clients rencontrés au tribunal de Melun, il faut croire qu’il était de bon conseil. « Il m’a donné son avis sur mon dossier. Il m’a donné rendez-vous. Il m’a bien expliqué avec des mots simples et en prenant son temps », explique une femme. D’autres en revanche s’inquiètent de son silence : « Il ne répond plus au téléphone. Pourtant, il a en charge mon dossier. »       GISÈLE LE GUEN - Le Parisien ».