Nous le savons bien, le prochain sujet qui va faire couler beaucoup d’encre, et surtout créer un bouchon dans notre rubrique « Abus », est la réalisation du projet de plan pluriannuel de travaux.
Les conséquences entraineront des préjudices financiers et juridiques pour les syndicats des copropriétaires.
La première difficulté que l’assemblée générale devra affronter est la sélection du bureau d’études chargé de réaliser le diagnostic en vue d’établir le projet de plan pluriannuel de travaux.
A ce titre, voyons les tarifs que le cabinet FONCIA a obtenus après avoir réalisé un appel d’offres auprès de trois structures.
I – Des offres avec une différence de tarifs de 47 %
Avant d’entrer dans le détail, voici les offres proposées par le cabinet FONCIA au conseil syndical :
Que constatons-nous ?
Nous avons trois propositions de réalisation du projet du plan pluriannuel de travaux avec des offres qui vont de 18.186 € TTC à 26.892 € TTC, soit une différence de prix de 47 % pour apparemment réaliser une même prestation.
La différence de coût se concentre principalement sur le tarif pour établir le diagnostic de performance énergétique avec une première société qui le facture 1.770 € TTC, alors qu’une autre société réclame 13.440 € TTC.
La différence entre l’offre la moins disante et la plus chère est tout simplement spectaculaire puisqu’elle est de 690 %.
Que doit-on comprendre ? Rien, si ce n’est que les prix n’ont aucune cohérence. Il est donc impératif de savoir pourquoi lorsqu’une société est en mesure de réaliser le diagnostic de performance énergétique pour 1.770 € TTC, le concurrent le propose à plus de 13.000 € TTC avec une offre intermédiaire à 7.938 € TTC.
II – Le choix du bureau d’études
Il est clair qu’avec des offres qui présentent des différences de prix de plus de 47 %, les copropriétaires n’y vont rien comprendre, considérant que la société la plus chère est forcément malhonnête.
Or, l’offre low-cost peut s’avérer être en définitive la moins pertinente compte tenu du fait que l’étude sera inexploitable ou bien proposera des travaux tous azimuts qui entraîneront plus de frais pour les copropriétaires.
Pour éviter cela, il est essentiel, que le bureau d’étude, dans un premier temps, établisse le projet de plan pluriannuel de travaux, puis, dans un second temps, conçoive des scénarios de travaux pertinents qui, cumulés, permettront d’atteindre les meilleures performances énergétiques pour la copropriété.
Le conseil syndical devra vérifier en particulier les compétences des intervenants qui seront en charge de réaliser l’étude. Elle devra être composée d’un architecte, qui aura à analyser le bâti et les pathologies du bâtiment, et d’un thermicien qui déterminera les opérations d’isolation à réaliser pour optimiser les performances énergétiques.
Ces deux compétences devront travailler de concert avec le conseil syndical pour suggérer le plan pluriannuel de travaux qu’il serait intéressant de soumettre à l’ordre du jour pour qu’il soit voté et exécuté.
L’une des propositions devra comporter un bouquet de travaux qui permettra d’atteindre les 35 % d’économies d’énergie afin d’être éligibles aux aides prévues par le dispositif de MaPrimeRenov.
A méditer !