Certains observateurs diront : « mais c’est quoi ce titre ? Qu’est-ce que l’ARC Nationale va encore écrire ? »
Alors, prenez deux minutes pour lire, et vous allez comprendre que derrière ce questionnement se cache une démonstration implacable.
Mais avant cela, essayons de résumer la situation.
I – Des syndics professionnels et des gestionnaires qui jouent à l’autruche
L’ARC Nationale publie chaque semaine pas moins de 10 articles dont deux qui dénoncent les abus et illégalités commises par un syndic professionnels.
Certes, il s’agit particulièrement des grands groupes, mais compte tenu du fait qu’ils gèrent plus de la moitié des copropriétés, le constat est inquiétant, d’autant plus si on ajoute à cela les petits et moyens cabinets qui agissent comme des grands groupes.
Derrière cette pratique, se cache bien souvent une volonté d’encaisser toujours plus d’argent mais si cela doit se faire en contravention avec les dispositions légales et au détriment de la trésorerie des syndicats de copropriétaires qu’ils sont censés gérer et défendre.
Pour éviter tout amalgame, lors de la parution de nos abus, au risque d’être assignés, nous dénonçons l’enseigne, auteur de l’illégalité, en produisant même le document litigieux.
Malgré cela, les cabinets de syndics et les faux représentants de leurs intérêts crient au scandale en invoquant plusieurs arguments :
L’ARC Nationale met tous les syndics professionnels dans le même panier : faux, car nous publions l’enseigne concernée,
L’ARC Nationale n’aime pas les syndics professionnels : stupide, car sans syndics il n’y a pas de gestion de copropriétés.
En revanche, nous dénonçons effectivement les syndics margoulins. Qui se sent morveux, se mouche !
L’ARC Nationale n’aime pas les gestionnaires : aberrant, et même nous les soutenons car ce sont eux les premières victimes qui doivent, au cours de l’assemblée générale, défendre la politique indéfendable du groupe en devant justifier la facturation de prestations illégales.
Pire, ils ne bénéficient d’aucune formation sérieuse qui sont le plus souvent dispensées par des commerciaux qui prêchent la bonne parole pour, soit vendre leurs prestations, soit vendre les services des filiales des cabinets.
L’ARC Nationale a fait son business en critiquant les syndics : sans fondement, car les adhérents viennent avant tout à l’ARC Nationale non pas pour suivre les potins mais pour obtenir des renseignements et conseils juridiques, techniques ou comptables de pointe qu’ils n’ont pas en interrogeant leur syndics pourtant détenteurs d’une carte professionnelle.
Mais il y a un argument massue évoqué par les chambres professionnelles qui nous fait doucement rire : « il n’y a rien à reprocher aux syndics professionnels» !
Voyons cela.
II – « Il n’y a rien à reprocher aux syndics professionnels »
Est-il vraiment possible d’affirmer qu’il n’y a pas de difficultés avec les syndics professionnels ?
Comment alors expliquer les abus constatés quotidiennement qui émanent bien de cabinets de syndics professionnels et qui 9/10 fois sont en fait des illégalités ?
Comment expliquer le nombre d’adhérents qui ne cesse d’augmenter au sein de l’ARC Nationale avec toujours comme point commun : l’insatisfaction de leur syndic professionnel ?
Comment expliquer que des startups d’assistance aux syndics non professionnels, qui n’ont aucune compétence, arrivent si facilement à s’implanter sur le marché, faisant de l’ombre aux cabinets de syndics ?
Si l’ARC Nationale existe c’est que des difficultés existent avec, tous les jours, l’enregistrement de nouvelles adhésions de copropriétés qui s’ajoutent à celles renouvelées chaque jour, et ce, depuis 25 ans.
Voilà pourquoi il y une association forte comme la nôtre qui défend et accompagne les conseillers syndicaux et syndics non professionnels mais il n’y a pas d’association contre les boulangers pour défendre la cause des croissants chauds.
On connaît leur second argument qui est «pour mieux gérer les copropriétés, il faudrait embaucher et augmenter les honoraires »
Là aussi, argutie car les honoraires ont bel et bien été augmentés pour atteindre à présent des tarifs satisfaisants sans que les prestations évoluent.
Prenons un exemple :
A la suite de l’obligation d’ouverture du compte bancaire séparé sans dérogation possible, les syndics ont légitimement demandé une augmentation des honoraires pour pouvoir embaucher des comptables.
Or, que constatons-nous ? Non seulement aucune embauche massive n’a été faite, mais en plus, pour augmenter leur productivité, les cabinets de syndics ont externalisé la gestion de la comptabilité à des filiales ou à des entreprises installées à l’étranger.
La situation s’est donc aggravée car ni les gestionnaires ni les conseillers syndicaux de peuvent suivre efficacement la gestion comptable et financière de leur copropriété.
Nous le savons, les articles de l’ARC Nationale ne plaisent pas surtout lorsqu’on est syndic professionnel malhonnête.
Mais, après tout, nous ne sommes pas là pour nous faire de faux amis, sachant que la politique de l’autruche ne fera pas évoluer la situation avec comme première victime certes les syndicats des copropriétaires mais également les petits cabinets de syndics et les gestionnaires qui perdent en compétences et qui sont « essorés ».
Pour finir, rappelons que le juge de paix n’est ni l’ARC Nationale ni les syndics professionnels mais bien les copropriétaires et les conseillers syndicaux.
L’avenir nous dira qui a raison.