ABUS n° 4066 : Le cabinet Mahaut-Girard n’essaierait-il pas de « rouler » les copropriétaires ?
Nous avons déjà annoncé sur notre site internet que 68 % des contrats types de syndic présentaient des irrégularités.
Ces irrégularités ont principalement toujours la même finalité : détourner la vigilance des conseillers syndicaux et copropriétaires afin de pouvoir facturer des prestations supplémentaires.
Voici comment le cabinet Mahaut-Girard essaye « d’endormir » les conseillers syndicaux et copropriétaires.
Mais avant de présenter l’abus identifié, arrêtons-nous sur une disposition spécifique prévue dans le décret définissant le contrat type de syndic.
- Un nombre de visite(s) qui doit être adapté aux besoins de la copropriété
Le décret sur le contrat type a prévu de moduler trois prestations dans le cadre du forfait de base en fonction des besoins de la copropriété. On retrouve :
– le nombre de visite(s) de l’immeuble ;
– la plage horaire et la durée de l’assemblée générale ordinaire ;
– de manière optionnelle, le nombre de réunion(s) avec le conseil syndical.
Concernant le nombre de visites, l’article 7.1.1 prévoit la disposition suivante : « il est convenu la réalisation au minimum de … visite(s) et vérification périodique de la copropriété d’une durée de … heure(s) ».
Il en revient donc au syndic de déterminer le nombre minimum de visite(s) répondant aux spécificités de la copropriété.
Voici donc comment le cabinet Mahaut-Girard a détourné cette disposition à son avantage.
II. Un syndic qui ment effrontément
Voici le courrier qu’a envoyé le cabinet Mahaut-Girard aux copropriétaires :
« Madame, Monsieur
En application de la loi ALUR vous trouverez ci-joint la nouvelle présentation de notre contrat de syndic.
Cette présentation étant imposée par le texte législatif il nous a fallu nous y conformer, mais nous tenons à vous apporter par cette correspondance quelques précisions sur certains paragraphes trop limitatifs ou mal adaptés à nos habitudes et méthodes de gestion.
Paragraphe 7.1.1 contenu du forfait :
Il est convenu la réalisation au minimum d’une visite et vérification périodique de la copropriété ».
Ce syndic affirme donc que le décret impose seulement une visite minimum. Oh le menteur !
En effet, le décret sur le contrat type n’a en aucun cas prévu de visites minimum comprises dans le forfait.
Bien au contraire, la disposition du décret précise qu’il s’agit de « visite(s) » afin de préciser que le contrat peut prévoir plusieurs visites dans le forfait de base. Ce nombre de visites minimum doit d’ailleurs être « adapté » à la copropriété.
Ainsi, en présentant dans son contrat une seule visite, le syndic peut facturer de manière supplémentaire les autres visites qu’il réalisera, même si dans le courrier d’accompagnement il affirme : « Comme par le passé, nous nous déplacerons à l’immeuble autant que nécessaire. Ces deux dernières années, vous avez pu constater que nous avons géré les nombreuses recherches de fuites et rendez-vous avec les entreprises sans facturations supplémentaires. Il en sera de même dans le futur. […] »
Ainsi le syndic s’engage à se déplacer « autant que nécessaire » mais ne veut pas inclure plus d’une visite dans son forfait ! Pourtant, le seul moyen de garantir que les visites ne seront pas facturées en plus, c’est bien de négocier dès le départ, avec le syndic, qu’elles soient incluses dans le forfait.
Face à ce type de pratiques inacceptables, nous allons saisir la Direction Départementale de la Protection des Populations du Val de Marne.