En janvier dernier, a été diffusée sur France 2 une émission à charge sur les syndics professionnels.
Nous avions critiqué cette émission car bien que le sujet soit en lui-même sérieux, les producteurs en ont fait une caricature ne mettant pas en évidence les réels problèmes que rencontrent les copropriétés, notamment à l’égard de leur syndic.
A ce titre, plusieurs professionnels sont montés au créneau, en l’occurrence la FNAIM qui s’est appuyée sur l’étude de l’IPSOS.
Il en résulte trois enseignements intéressants sur le métier de syndic.
- 34 % des personnes interrogées ont une idée vague du rôle du syndic
- 14 % des personnes interrogées ne savent pas quelles sont ses missions
- 40 % des personnes interrogées ignorent le montant réel des honoraires
Ces chiffres confirment que les copropriétaires et conseillers syndicaux ne savent pas vraiment le réel rôle et ressources du syndic professionnel.
Mais la question qui reste en suspens est de savoir à cause de qui ?
I – Un syndic discret
La mission du syndic est définie à travers la loi du 10 juillet 1965 et le décret du 17 mars 1967.
A ce titre, il doit signer un contrat-type défini par décret avec le syndicat des copropriétaires.
Au-delà des missions de base telles que convoquer une assemblée générale ou tenir la comptabilité, il doit mettre en concurrence les prestataires, analyser les propositions de contrats, maîtriser les dépenses, assurer le suivi du chantier et les visites de l’immeuble etc…
De plus, en tant que professionnel de l’immobilier, il doit conseiller les copropriétaires et les conseillers syndicaux sur les différents sujets qui concernent leur copropriété en invoquant plusieurs stratégies.
Néanmoins, très peu de syndics professionnels assurent l’ensemble de ces tâches réalisant uniquement les missions les moins énergivores qui sont souvent les plus basiques.
Ainsi, il est clair que les conseillers syndicaux et copropriétaires ont une vague idée du rôle du syndic car la plupart n’assure pas les tâches les plus valorisantes mettant en avant leurs expertises.
D’ailleurs, cela se confirme car 14 % des personnes interrogées ne savent même pas quelles sont les missions dévolues au syndic.
Selon nous, le taux est largement supérieur devant atteindre 90 %.
Ainsi, la première cause de la méconnaissance du rôle du syndic est due au manque d’implication des professionnels de l’immobilier qui sont plus dans une recherche de productivité que de satisfaction des copropriétaires.
Abordons le deuxième grief.
II – L’ignorance du montant des honoraires du syndic
Le syndic perçoit une rémunération liée au forfait de base auquel s’ajoutent des prestations complémentaires, supplémentaires et privatives.
40 % des personnes interrogées ignorent le montant réel des honoraires.
Là encore, il est intéressant de comprendre les causes de ce constat.
La réponse est selon nous à cause des syndics eux-mêmes.
En effet, ils préfèrent garder une certaine opacité sur l’intégralité des honoraires qu’ils prélèvent.
Et pour cause, les rémunérations liées aux prestations complémentaires et supplémentaires ainsi que privatives peuvent représenter jusqu’à 35 % des honoraires globaux.
Si le syndic professionnel avait une réelle volonté d’être plus transparent sur ses honoraires, il joindrait à la convocation de l’assemblée générale l’ensemble des sommes qu’il a prélevées, comme cela est d’ailleurs prévu à l’article 11 du décret du 17 mars 1967.
Or, très peu de syndics se conforment à cette obligation réglementaire.
Cela est dû justement au fait qu’ils préfèrent garder sous silence l’ensemble des rémunérations qu’ils perçoivent au risque de créer une opacité voire des soupçons sur les réels montants prélevés.
Le syndic ne peut donc se prévaloir de sa propre turpitude en ne comprenant pas les conséquences de ses propres actes.