Nous l’avons annoncé, le prochain abus à la mode qui va plumer de nombreuses copropriétés, est le vote de diagnostic pour réaliser le plan pluriannuel de travaux.
En effet, compte tenu du fait que beaucoup de syndics professionnels ne maitrisent pas les réelles obligations en matière de diagnostics permettant de réaliser le plan pluriannuel de travaux, on trouve beaucoup de n’importe quoi dans les convocations d’assemblées générales.
Il s’agit principalement de propositions de bureaux d’études qui présentent bien mais dont le contenu et surtout la réalisation du diagnostic est extrêmement flou.
A ce titre, voyons une offre qui nous interpelle.
I – Une offre insuffisante
En première page, nous pouvons prendre connaissance des tâches comprises dans le forfait, dont voici le contenu :
Que peut-on relever ?
Est incluse une analyse du bâti et des parties communes. Une estimation du coût des travaux avec le rapport et une restitution au conseil syndical et à l’assemblée générale.
Or, curieusement ne figure pas la réalisation d’un diagnostic de performance énergétique qui est une obligation légale résultant de la loi Climat et résilience.
En effet, sans diagnostic de performance énergétique, le bureau d’études ne sera pas en mesure de proposer des travaux de rénovation qui intègrent le volet énergétique.
Pour être tout à fait transparent, la suite du contrat fait allusion au diagnostic de performance énergétique sans réellement savoir si le syndicat des copropriétaires doit le faire en parallèle ou bien s’il est inclus au contrat.
Mais encore, la prestation ne prévoit pas d’analyser les équipements collectifs, comme la chaufferie alors qu’il s’agit d’une exigence légale résultant également de la loi Climat et résilience.
Et pour cause, comment prévoir des travaux et surtout un plan pluriannuel de travaux si les équipements collectifs, et surtout ceux en rapport avec les questions énergétiques, ne sont pas analysés.
II – Une absence d’indications sur les compétences des intervenants
Nombreux contrats qui proposent la réalisation du plan pluriannuel de travaux omet de préciser une information capitale qui est la qualité et l’expérience des intervenants.
En effet, s’agit-il d’architecte, de thermicien, d’ingénieur financier ou bien tout simplement de technicien. Par ailleurs, intervient-il seul, en binôme ou bien encore en trinôme ?
L’analyse ne sera évidemment pas la même car toute la plus-value est certes l’expertise du bâti et des consommations énergétiques, mais ensuite de proposer des compositions de travaux qui seraient les plus pertinents d’un point de vue économique et énergétique.
Pour cela, il faut de l’expérience accompagnée d’expertise et également un temps d’échange entre le bureau d’études et le conseil syndical et le syndic.
Or, comme le prévoit le contrat, toute réunion supplémentaire est facturée 750 € HT. Autrement dit, je rends mon rapport puis au revoir.
Prestation inutile et sans intérêt, si ce n’est, d’une part, d’avoir une liste des travaux à réaliser qui sont généralement déjà identifiés et , d’autre part, de perdre de l’argent.