Il est dommage de constater comment certains cabinets de syndics professionnels traitent les copropriétaires ou les membres du conseil syndical, les considérant uniquement comme des clients et non comme des représentants de mandants, qui défendent, comme les syndics, les intérêts des syndicats de copropriétaires.
Bien souvent, on ne comprend pas la césure entre les copropriétaires et les syndics professionnels.
A travers la déclaration d’un représentant des syndics professionnels publiée à travers un média, nous allons mieux comprendre pourquoi ils ne sont pas aimés ni même appréciés par les copropriétaires et les conseillers syndicaux.
I – Un discours non engageant
A la suite d’une mise en concurrence de contrats de syndic organisée par un conseiller syndical, ce dernier a sollicité un cabinet qui sait faire autour de lui beaucoup de publicité, se regardant le nombril.
A la suite de sa proposition tarifaire, le conseiller syndical a considéré que les honoraires étaient trop élevés, impliquant la réponse suivante du syndic :
« – Monsieur X merci pour votre proposition mais 4500€ c’est beaucoup trop cher, notre syndic actuel est à 3000€.
– Monsieur, c’est vous qui m’avez appelé. Si vous voulez du pas cher, restez avec votre syndic, mais ne venez pas vous plaindre après.
Sur fond, la position du syndic peut être tout à fait défendable. Néanmoins, on va essayer de lui expliquer, qu’au-delà d’être hautaine, elle n’est nullement pédagogique.
II – Une absence de pédagogie
Soyons clairs, on ne peut pas demander à un restaurateur, à un mécanicien ou à un plombier ou même à un syndic de faire du bon boulot tout en voulant mégoter sur la prestation et sur les honoraires.
Ainsi, nous n’allons jamais critiquer un syndic professionnel qui réclame des honoraires juste pour effectuer un travail de qualité.
Néanmoins, il est regrettable de constater qu’un syndic ne soit pas en mesure d’expliquer pourquoi il réclame 1.500 € de plus que le concurrent, soit tout de même 50 % plus cher.
Or, cela semble facile à expliquer : si le syndic avait pris la peine de définir les tâches qu’il s’engage à réaliser et qui ne sont généralement pas assurées par leurs concurrents, même si cela fait partie de leur mission de base.
A titre d’exemple, il aurait pu mettre l’accent sur la mise en concurrence périodique des prestataires, les réunions mensuelles avec le conseil syndical, la tenue transparente des documents comptables.
Bref, une gestion de qualité de la copropriété qui impose d’assurer des tâches qui s’avèrent être énergivores pour le syndic, justifiant les 1.500 € de décalage qui seront en définitive amortis par les gains qu’il réalisera au profit de la copropriété.
Autrement dit, expliquer que le hamburger a 7 € dans un fastfood n’est pas équivalent à une côte de bœuf d’un restaurant étoilé.
Or, nous avons le droit à une phrase bateau « … ne venez pas vous plaindre après. »
Dommage, encore une occasion ratée pour ce syndic de se mettre en avant et de montrer la plus-value de faire appel à un professionnel du métier qui impose un prix pour travailler décemment.
Face à ce comportement, nous pouvons conclure qu’à priori ce syndic ne souhaite, en réalité, pas s’engager sur ses prestations, préférant utiliser des phrases toutes faites car il doit comme les autres, rechercher la productivité au détriment de la gestion pérenne des copropriétés.
Bref, rien ne change. Encore un Mac Donald de la copropriété !