A l’heure où l’inflation indique des taux jamais constatés, dépassant les 6 % en juillet, les syndics professionnels commencent à préparer psychologiquement les copropriétaires en leur annonçant une augmentation substantielle de leurs honoraires.
Leur argumentaire est bien rodé puisqu’ils affirment avoir réévalué la rémunération de leurs collaborateurs de 2 à 8 % impactant ce coût sur leurs honoraires.
Ainsi, vraisemblablement, leur revendication sera au minimum du double voire du triple des augmentations accordées à leurs salariés, c’est-à-dire, entre 15 à 30 %.
Même si les éléments présentés sont factuels, expliquons pourquoi l’augmentation des honoraires n’est pas pour autant automatique en faisant un travail de mémoire.
I – Une augmentation d’honoraires déjà commencée
Dès l’entrée en vigueur du contrat-type, les syndics ont appliqué une augmentation arbitraire des honoraires de 20 à 40 %.
Leur justification est l’intégration des frais de reprographie dans le forfait de base.
S’il s’agit d’une vérité, cela ne justifiait pas pour autant une augmentation des honoraires de 20 à 40 %, sachant que le coût de la photocopie est de 10 centimes.
Depuis les honoraires n’ont fait qu’augmenter sans adéquation avec l’évolution de l’inflation qui a même connu, au cours des dernières années, des taux négatifs.
Ainsi, en l’espace de dix ans, les honoraires de syndic ont augmenté de plus de 50 % alors que l’inflation était autour de 10 %.
Plus encore, les syndics ont perçu des sommes extrêmement importantes pour procéder à l’immatriculation initiale des copropriétés.
Pour mémoire, les factures atteignaient 9.000 € alors que l’ANAH affirmait que cette tâche ne prenait qu’une demi-heure.
Mais comme nous allons le constater à travers le second chapitre, les honoraires du syndic ne se résument pas à cela.
II – Des honoraires complémentaires qui dégagent des profits substantiels.
Bien souvent, la négociation du contrat se limite à remettre en question les honoraires du forfait de base.
Or, pour négocier de manière transparente, il est nécessaire de prendre en considération l’ensemble des sommes que le syndic perçoit dans le cadre de la gestion de la copropriété.
Ainsi, si effectivement il y a les honoraires de base, il y a aussi les honoraires complémentaires tels que la facturation des heures supplémentaires liées à la tenue de l’assemblée générale, ou encore les frais de relance et de mise en demeure qui sont généralement facturés à prix de diamant.
Mais ce n’est pas tout, il y a aussi les états-datés, facturés généralement au prix maximum de 380 €.
L’addition ne s’arrête pas là car il y a aussi les honoraires de suivi de travaux qui représentent une rémunération qui peut atteindre deux à trois fois le SMIC annuel.
Cumulés, l’ensemble de ces honoraires payés par les copropriétaires et entrant dans la poche du syndic après déduction des charges de fonctionnement du cabinet, permettent de relativiser voire de neutraliser toute demande d’augmentation d’honoraires.
C’est à présent à vous de jouer en évitant la démagogie de votre syndic.