Après les discours politiques, les copropriétaires vont affronter la réalité économique à laquelle s’ajoute l’amateurisme des syndics professionnels.
Des circonstances aggravantes qui vont mettre en grande et grave difficulté les copropriétés et les copropriétaires.
A ce titre, voyons une annexe 2 qui fait état des dépenses de l’année n-1 par rapport au montant du budget prévisionnel à venir.
Nous allons comprendre la mesure de la situation qui se trouve être sans précédent et qui va, sans aucun doute, faire basculer nombreuses copropriétés en fragilité.
I – L’explosion du poste chauffage
Avant d’entrer dans les détails, voici l’annexe jointe à une convocation d’assemblée générale :
Comme on peut le constater, le poste de chauffage est passé, entre 2020 et 2022, de 20.525,21 € à 42.000 €, soit une augmentation de plus de 100 % (104,62 %).
A cette augmentation doit s’ajouter l’explosion des autres postes de charges comme celui de l’entretien des locaux, des contrats de maintenance.
En définitive, le budget de fonctionnement est passé, en l’espace d’à peine deux ans, de 49.241,99 € à 72.926 €, soit, là aussi, une augmentation record de 48 %.
Mais plus inquiétant, est qu’il est fort probable que le montant du budget prévisionnel de 2022 soit sous-évalué, car le poste « assurance » est resté figé sur le même montant que celui de 2021 alors que l’indice des révisions des contrats prévoit au minimum une augmentation de 5 %.
II – Un risque avéré d’impayés
Derrière ces chiffres se cache une réalité qui est l’asphyxie financière des copropriétaires qui même de bonne volonté, auront du mal à payer leurs charges.
Mais, le plus inquiétant est que les syndics ne mettent pas en parallèle l’augmentation du prix du gaz et les produits financiers émanant du bouclier tarifaire prévu par le gouvernement.
Ainsi, les copropriétaires doivent se prononcer sur un budget prévisionnel qui prend en compte l’augmentation du prix du gaz sans que soit déduite l’aide de l’Etat.
Tout cela risque de mener doucement mais sûrement les copropriétés et les copropriétaires dans le mur.
Et pour cause, il ne s’agit pas de savoir si les copropriétaires sont prêts à payer le ravalement ou la réfection de la cage d’escalier mais s’ils pourront toujours se chauffer ou assurer leur immeuble.
Nous espérons que les syndics dits professionnels ne vont pas profiter de ce chaos pour faire marcher leur machine à mise en demeure ou à lettres de relance qu’ils facturent généreusement aux copropriétaires débiteurs plus de 60 €.
Nous allons essayer de réveiller de Ministère du Logement qui semble ne pas être conscient de la gravité de la situation.