Nous avons dernièrement publié un article mettant en avant la fiche métier du groupe CITYA qui impose que les gestionnaires gèrent 70 voire 80 immeubles.
Un nombre important voire impossible d’immeubles à gérer expliquant en partie les insatisfactions des copropriétaires et conseillers syndicaux.
Nombreux professionnels essayent de minimiser la gravité de la situation en évitant de critiquer la politique managériale des grands groupes mettant plutôt la faute sur… l’ARC Nationale.
Un alibi tout trouvé et pour cause, selon leurs dires, cela est dû au fait que l’ARC Nationale demanderait que les syndics professionnels travaillent pour moins cher que gratuit et encore mieux, en rendant la monnaie.
Alors l’ARC Nationale revendique-t-elle aux cabinets de syndic de brader leurs prestations voire d’encourager le low-cost ?
I- Les syndics payés à juste titre
Soyons clairs, le marché des syndics est ouvert à la concurrence.
À l’exception du tarif de l’état daté, l’ensemble des honoraires que facturent les syndics que ce soit pour la gestion courante ou pour les prestations complémentaires, supplémentaires et même privatives, sont libres.
Ainsi, il revient à chacun des cabinets de déterminer les prix qu’ils souhaitent pratiquer et au marché de déterminer les honoraires moyens.
Ainsi, il est normal qu’un syndic revendique des honoraires afin d’absorber ses frais de fonctionnement et même de dégager des marges.
D’ailleurs, selon la même logique, l’ARC Nationale fixe le prix de sa cotisation annuelle d’adhésion impliquant qu’en définitive, chaque structure, qu’elle soit à but lucratif ou non, est libre de fixer les prix qu’elle souhaite.
Ainsi, l’ARC Nationale n’a jamais publié le moindre article pour dénoncer le montant des honoraires de base réclamés par un cabinet de syndic.
En revanche, l’ARC Nationale dénonce deux comportements :
- les factures et prestations illégales,
- les tarifs des prestations indiscutablement abusifs.
À titre d’exemple, la copie du procès-verbal facturée plus de 100 euros ou encore le courrier de mise en demeure notifiée au copropriétaire à un prix de 90 euros sachant que ce dernier est déjà en difficulté financière.
II – Pourquoi les syndics tirent la langue ?
Là encore, on peut sortir l’alibi de l’ARC Nationale mais on peut aussi parler vrai.
En effet, la difficulté est que les grands groupes de syndic compressent les honoraires de forfait de base pour asphyxier les petits et moyens cabinets.
Après avoir récupéré les copropriétés, il est alors facile de facturer des prestations illégales ou de placer leurs filiales, récupérant ainsi de part et d’autre des bénéfices.
Plus grave, avec cette technique, les petits cabinets ont deux options :
- soit fermer leur cabinet en vendant leur portefeuille à un grand groupe,
- soit reproduire les mêmes abus et illégalités se retrouvant un jour ou l’autre épinglés dans la rubrique « Abus » du site de l’ARC Nationale.
Alors, chers observateurs, vous pouvez toujours critiquer l’ARC Nationale, mais cela ne changera pas : la vraie vérité du marché du syndic qui est complètement vérolé dans les mains des puissants.