Plus de quatre ans après la promulgation de la loi ALUR, comment se porte l’activité de syndic professionnel ?

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Actualités
20/07/2018

Plus de quatre ans après la promulgation de la loi ALUR, comment se porte l’activité de syndic professionnel ?

 
A l’heure où les chambres professionnelles et les associations comme l’ARC commencent à discuter sur le contenu des prochaines ordonnances concernant le droit de la copropriété, nous voyons les syndics sortir leurs mouchoirs pour refuser toutes nouvelles obligations à leur égard.
 
En effet, ils invoquent que la loi ALUR a déjà été pénalisante pour eux, rendant leur activité de moins en moins rentable…
 
Ainsi, plus de quatre ans après l’entrée en vigueur de cette loi, il est intéressant de faire un point sur la rentabilité du métier de syndic et plus largement sur la réalité de la situation.
 
Bien évidemment, si c’était l’ARC qui affirmait que les honoraires des syndics avaient augmenté de plus de 20 % en quatre ans ou que les cabinets n’avaient pas embauché plus de comptables avec l’obligation de compte bancaire séparé, les syndics monteraient au créneau affirmant qu’il s’agit d’une « fake news ».
 
Alors… reprenons une enquête indépendante, réalisée par le cabinet Xerfi Precepta au sujet de l’activité des syndics professionnels sur l’exercice 2017.

I. Une activité en pleine expansion

Voici donc un extrait d’un article publié sur le site Business Immo, concernant l’étude réalisée par le cabinet Xerfi Precepta :
 
 
Et oui ! Non seulement la loi ALUR n’a pas freiné leurs profits mais, bien au contraire, elle a permis d’augmenter le taux de marge opérationnelle de 9,5 % l’année dernière, alors que la moyenne est de 8 %.
 
C’est donc un beau score pour des professionnels qui invoquaient une perte de profits.

II. La stratégie des grands groupes

Dans cette même enquête très intéressante, on peut lire l’information suivante :
 
 
Ainsi, la stratégie des grands groupes n’est pas forcément d’améliorer l’activité de syndic de copropriété mais d’utiliser leur mandat pour présenter aux copropriétaires des « services de confort ».
 
On peut donc s’attendre à des services à la personne, de conciergerie ou bien encore d’assistance pour réaliser à domicile des travaux de plomberie ou de soutien scolaire.
 
Bref, des solutions qui paraissent, sur le papier, intéressantes et prometteuses, mais qui au final sont source d’innombrables abus pour les copropriétaires et la copropriété qui risquent de perdre beaucoup, à l’instar des sociétés de courtage en assurance ou des filiales qui proposent une assistance 24h/24h et 7j/7j. (Voir article : ABUS DE LA SEMAINE N° 4354 : Le scandale des ordres de remplacement au profit de CITYA assurances)
 
Notre association a donc du « pain sur la planche », notamment en faisant comprendre aux petits et moyens cabinets de syndic que leur principal « ennemi » n’est pas l’ARC mais les grands groupes qui veulent se partager le marché en étouffant la profession.